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Electricité dans le Grand Nord: ce qui fait problème

Eric ELOUGA | 18-05-2017 07:51

Des difficultés structurelles et infrastructurelles sont la cause du rationnement de l’énergie dans cette partie du pays.

Can 2017 oblige, le déficit de production de l’énergie électrique dans le réseau interconnecté nord (Adamaoua – Nord – Extrême Nord) a été couvé en début d’année, alors même que la cote d’alerte était atteinte dès le mois de novembre 2016. Le planning de rationnement d’Eneo publié le 10 avril 2017 est alors venu confirmer un déficit énergétique systémique, avec un rationnement sans précédent depuis les premiers soubresauts enregistrés en 2013. Pour faire simple, plus d’une cinquantaine de localités, de Meiganga à Maga en passant par les trois chefs-lieux de région (Ngaoundéré, Garoua et Maroua), se voient privées d’énergie électrique deux à trois fois par semaine, dans des tranches horaires comprises entre 6h et 22h. Si pour les ménages le phénomène cause des désagréments certains, les conséquences sont beaucoup plus préjudiciables pour les administrations et les entreprises. Les premières tournent au ralenti, tandis que les secondes subissent fortement le contrecoup économique. Si à la Sodecoton on dit avoir pris acte de la donne et pris des dispositions pour que l’huilerie de Djamboutou autant que les neuf usines d’égrenage du coton gardent un niveau d’exploitation convenable, la CICAM dont l’usine régionale de Garoua connaissait déjà des difficultés, accuse plus sérieusement le coup.

Du côté d’Eneo, la communication autour de cette situation privilégie l’axe des difficultés conjoncturelles, avec une normalisation attendue entre juin et juillet 2017, lors du retour des pluies. Officiellement, la faible occurrence des pluies l’année dernière n’a pas permis au barrageréservoir de Lagdo d’emmagasiner suffisamment d’eau pour faire face à la période actuelle d’étiage. En « off », certains cadres de l’entreprise évoquent d’autres problèmes, plus profonds. L’ensablement du bac-réservoir qui limite considérablement la capacité de stockage de l’eau continue à être traîné comme un boulet. Le coût évoqué pour désensabler est autour de quatre milliards de F, selon une source interne. De plus, d’autres questions techniques empêchent Lagdo de faire tourner toutes ses turbines. Mais, plus fondamentalement, ce seul ouvrage n’est plus en mesure du supporter toute la demande du septentrion. Depuis l’ouverture du barrage en 1983, la démographie du septentrion a décuplé.

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