« Le coût de la fécondation in vitro ici défie toute concurrence »

Pr. Jean-Marie Kasia, administrateur directeur général du Chracerh.

Professeur, ce 6 mai marque le 8e anniversaire de l’inauguration du Chracerh par sa marraine, Mme Chantal Biya. Quelle évaluation faites-vous du chemin déjà parcouru ? 
Beaucoup de choses ont été faites. Lors de l’inauguration, la première dame nous donnait son onction pour qu’on continue à mettre en œuvre les objectifs que le chef de l’Etat nous avait assignés. C’est-à-dire, faire effectivement fonctionner ce centre, particulièrement la procréation médicalement assistée et la chirurgie endoscopique. En huit ans, nous avons énormément travaillé. On a commencé à zéro et aujourd’hui, on a fait un bond en avant. Nous sommes partis de la chirurgie endoscopique classique, où toutes les interventions se faisaient à ventre ouvert, à plus de 85% de chirurgie gynécologique à ventre fermé. A ce jour, nous sommes à 470 bébés nés par fécondation in vitro. Nous nous rapprochons de l’objectif de 500 bébés d’ici 2025, puisque nous avons 25 bébés en pleine gestation et nous espérons que les cinq autres suivront dans les prochaines semaines. Nous sommes très heureux de ce résultat et nous remercions la première dame du Cameroun qui a toujours été à nos côtés pour se rassurer que tout se passe bien. L’hôpital s’est considérablement transformé. Il a été rénové à des endroits, les activités ont été densifiées dans certains secteurs. Nous avons gardé le standing de l’hôpital en huit ans. Le Chracerh a toujours l’air neuf. Les uns et les autres travaillent beaucoup de nuit comme de jour. Et ils aspirent à une certaine augmentation. Malheureusement, les subventions ne suivent pas. On espère que la situation va changer. Sur un autre plan, nous avons développé la formation. On a mis sur pied, un Diplôme universitaire international en chirurgie endoscopique pour tous les gynécologues africains. Nous avons également formé notre personnel. L’objectif étant de faire fonctionner l’hôpital en permanence. Nous avons pensé à la relève. On a mis notre personnel à la tâche et l’avons éprouvé pour se rassurer qu’il est capable de tenir même dans les moments difficiles. Aujourd’hui, on a des jeunes qui aiment leur travail, argent ou pas. Il faut juste que l’administration nous accompagne pour que la mayonnaise prenne.

Au bout de ces années l’hôpital est-il bien connu et fréquenté par les populations camerounaises ?
Je pense que l’hôpital est connu. Mais il y a beaucoup d’appréhensions. Les gens n’ont parfois pas la bonne information. Certains pensent que le Chracerh est l’hôpital des riches alors, que nous sommes à la portée de tous. Le coût de la fécondation in vitro ici défie toute concurrence. Nous faisons du sacerdoce. Les interventions de cancérologie ou une césarienne coûte moins cher que dans certains hôpitaux publics. Avec le temps, les gens finiront par se rendre compte que cet hôpital est à la portée du Camerounais moyen. Le combat continue. Nous allons densifier nos efforts pour sensibiliser le public sur nos offres de soins à vil prix.
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