« Il importe de renforcer la veille et les prises en charge »
- Par Sainclair MEZING
- 16 Jul 2026 10:41
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Pr. Saïbou Issa, directeur de l’Observatoire du crime organisé et de la violence en Afrique centrale.
En zones de conflits, les femmes et les enfants sont les couches les plus exposées à différents types de violences. Qu’est-ce qui explique cet état de chose ? La plupart des manifestations belliqueuses contem poraines sont des violences non conventionnelles, irrespectueuses des normes internationales relatives à la protection des non-combattants. D’ailleurs, même les conflits interétatiques ont recouru à la médiatisation des impacts, faisant de l’effarouche ment une technique de guerre. Les frappes sur des cibles à forte charge émotionnelle, telles que les hôpitaux et les écoles, indiquent un éloignement manifeste de l’éthique de la guerre. La multiplication des insurrections menées par des acteurs agissant à l’intersection de la lutte politique, du terrorisme et du crime organisé a accru la vulnérabilité des femmes et des enfants. Ils sont des cibles d’enlè vements pour rançon, d’enrôlement, d’exploitation sexuelle et de travaux forcés par les groupes armés. Ils sont majoritaires parmi les réfugiés et les déplacés internes. De nombreuses veuves sont de venues cheffes de ménage, souvent avec plusieurs enfants à charge. Des enfants non accompagnés sont recensés. Tout ceci dans un contexte humani taire pénible, au vu de la baisse continue des fi nancements. Ces personnes fragilisées par les conflits sont victimes d’errance, d’exploitation, de déscolarisation et d’une exposition au recrutement par des groupes armés. Certains jeunes sont passés de l’adolescence à l’âge adulte sans avoir eu l’oc casion de se former à un métier ou de pratiquer une activité génératrice de revenus. Quelle protection les couches les plus faibles peuvent-elles espérer dans ces conflits où elles finissent par être des cibles faciles ? Quatre niveaux d’intervention sont en œuvre. Les États, à travers des actions cinétiques et non ciné tiques conjoncturelles et durables, disposent des ressources pour la prévention et la réponse aux vulnérabilités des femmes et des enfants en si tuation de conflit. Il importe de renforcer la veille et les prises en charge dans le cadre général de la protection civile et de l’encadrement social. Les partenaires dans le cadre des actions de protection des victimes des conflits armés et de la défense des droits de l’homme. Les communautés dont l’hospitalité est tangible malgré les contraintes foncières et l’insuffisance des services sociaux de base dans les villages qui ont vite grossi. Les orga nisations de la société civile qui se spécialisent de plus en plus et dont le rôle auprès des femmes et des enfants couvre l’encadrement scolaire, le dé veloppement des activités génératrices de revenus et des loisirs, l’appui psychosocial dans u...
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