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Accusations de viols en Centrafrique : pas d'inculpation pour les soldats français

International
Simon Pierre ETOUNDI | 05-01-2017 11:00

Les enquêtes françaises menées jusqu’ici n’ont débouché sur aucune mise en examen.

Depuis mai 2015, des juges d'instruction français enquêtaient sur des accusations de viols commis dans le camp de déplacés de M'Poko près de Bangui, entre décembre 2013 et juin 2014, et visant des militaires français. Ces militaires appartenaient à la force Sangaris déployée en décembre 2013 pour sauver la Centrafrique de la guerre civile qui couvait. L’enquête française faisait suite aux révélations du journal britannique The Guardian, sur l'existence d'une note confidentielle des Nations unies rapportant des accusations d'enfants centrafricains pour des abus sexuels dont ils auraient été victimes en échange de nourriture ou d'argent. Face à la gravité des faits, le ministère français de la Défense avait saisi le parquet de Paris pour une enquête préliminaire avant une éventuelle information judiciaire. Les juges d'instruction français n’ont finalement notifié aucune mise en examen après plus de deux ans d’investigations.
Après de longs mois d’enquête, la justice française qui a entendu une dizaine d’enfants avoue avoir eu du mal à établir des faits, notamment à cause des variations dans certaines versions. Ainsi selon une source proche de l’enquête relayée par la presse française, rien ne permet de corroborer matériellement les accusations portées contre les soldats. Les militaires soupçonnés ont néanmoins affirmé avoir donné des rations alimentaires, mais nié tout abus sexuel. Par ailleurs, deux autres enquêtes, liées à d’autres allégations d'abus sexuels concernant des militaires français ont été ouvertes parallèlement sous l'autorité du parquet de Paris: l'une a été classée sans suite le 25 novembre et l'autre est toujours en cours. Dans le même ordre d’idées, le parquet de Paris poursuit ses investigations dans une enquête préliminaire ouverte en avril dernier après un signalement de l'ONU sur des soupçons d'agressions sexuelles sur trois mineures, entre 2013 et 2015 à Dékoa (centre).
Au demeurant, depuis 2013, de nombreux soupçons d'abus sexuels pesant sur des militaires étrangers basés en Centrafrique ont été révélés. Des accusations ont ainsi été portées contre des Casques bleus de la Mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca). Une enquête onusienne a même récemment permis d'identifier 41 Casques bleus gabonais ou burundais soupçonnés d'avoir commis des agressions sexuelles dans la préfecture de Kemo en 2014 et 2015. Mais jusqu’ici, on n’a enregistré aucune mise en examen, encore moins quelque sanction.

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