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Doumé: les bienfaits de la route

Regions
Pierre CHEMETE | 11-01-2017 11:49

Avec une production agricole importante, cet arrondissement ravitaille aujourd’hui des villes camerounaises et étrangères grâce au bitumage de la nationale N°10.

Doumé-station, ce 27 octobre 2016. Il est 17 h, dans cet espace urbain. La vie s’anime. Les activités se déroulent normalement. Le petit commerce cartonne. Les populations ont investi les points chauds. Bars, restaurants, station-service, boisson, nourriture avec un penchant pour les mets traditionnels… Il y en a pour tout le monde. Mais, plus intéressant encore, juste en contrebas, un business agricole est noué. C’est le marché-témoin de vivres, tenu essentiellement par les femmes  « bayam-sellam » du coin. Elles investissent le lieu dès les premières heures de la journée. Ces dames au sens des affaires bien aiguisé, ne passent du reste pas inaperçues. Elles sont là,  jusqu’à une heure avancée de la nuit, proposant des vivres aux clients.
La nationale N°10 passe par là. Un passage obligé pour les gros porteurs en transit soit pour la Centrafrique, le Tchad ou l’intérieur du pays. C’est une aubaine pour ces femmes de proposer des marchandises. A notre arrivée, un gros camion vient de stationner. Son conducteur  demande, non pas à se ravitailler en carburant, à la station-service  d’en face, mais plutôt en vivres frais. Le camion est tchadien. Le temps de prendre le plantain... Il y a de tout : banane-plantain, macabo, manioc. Il a donc l’embarras du choix. Les dames de la terre de Doumé ne chôment pas et ne se font pas prier pour les prix de leurs marchandises. Elles sont soit elles-mêmes productrices soit revendeuses.
C’est que Doumé est une terre agricole. Ici, cette activité prend son essor, au fil du temps. Les quantités produites ont quintuplé ces quatre dernières années. Depuis 2012, avec le passage de la route nationale N°10, précise le sous-préfet, l’activité emballe désormais presque tout le monde. Pourtant, à sa création, Doumé n’était avant tout qu’un site stratégique, pour les diverses autorités coloniales et non un pool agricole. Doumé se trouve en effet à 58 Km d’Abong-Mbang et à 57 Km de Bertoua. Un point névralgique pousse le colon allemand à construire « Doume-Station », une fortesse militaire et plus importante prison allemande construite de 1909 à 1911. Doumé est aussi le socle granitique de l’Eglise catholique, à l’Est du Cameroun. Rome divise le vicariat de Yaoundé le 3 mars 1949, et crée celui de Doumé. Erigé en diocèse le 14 septembre 1955, la nouvelle Eglise particulière correspond alors à l’ensemble du territoire de l’ancienne province de l’Est. C’est à partir de Doumé que naîtront donc les autres diocèses de la région. C’est aussi de Doumé que de nombreuses d’unités administratives verront le jour.
Aujourd’hui, Doumé rayonne désormais grâce à son histoire et son économie. Une économie où le travail de la terre joue un rôle de premier plan, avec une route bitumée facilitant l’écoulement de la production. Des initiatives gouvernementales ont permis d’appuyer des producteurs. Et aujourd’hui, dans cette ville, il existe au moins trois marchés-témoins spécialisés : Mendim, Paki, Bonando, Doumé-centre. Ce sont des zones où l’on peut acheter les vivres à des prix abordables. A ceux qui traînent encore le pas, l’autorité administrative demande de s’y lancer. Car, à Doumé, il y a de l’espace pour cultiver. Sur ses 3 350Km2, seulement une infime partie est valorisée.

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