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2e pont sur le Wouri : promesses d’un mastodonte

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Rita DIBA | 12-03-2017 11:13

Le gros-œuvre terminé, le maître d’œuvre en est aux travaux de finition de l’ouvrage. Grand reportage.

31 octobre 2017. Une date qui sera importante dans l’histoire du chantier de construction du 2e pont sur le Wouri. En effet, c’est le délai fixé pour la mise en circulation de l’ouvrage routier en 2X2 voies. Ce sera exactement trois mois après la livraison de la voie ferrée, qui elle sera ouverte le 31 juillet 2017. Dans quelques mois donc, pratiquement quatre ans après la pose de la première pose par le président de la République Paul Biya, le 14 novembre 2013, ce projet structurant sera prêt à accueillir ses premiers véhicules.
Le gros-œuvre a été achevé le 12 janvier dernier. Une phase résumée par Youssef Ben Salah, chef de mission/assistant à maitrise d’ouvrage (AMO) : « Le pont est complètement fini sur le volet génie civil. » Maintenant donc, place aux travaux de finition. Sur le viaduc il y a quelques jours par exemple, on pouvait observer les ouvriers en train de poser la couche d’étanchéité pour éviter que l’eau ne vienne s’infiltrer au niveau du corps de l’ouvrage. Avec pour projet d’installer  les garde-corps, les barrières de sécurité, avant de s’attaquer à la pose de la couche de roulement, le bitume plus simplement. Et puis ce sera au tour de l’éclairage public. Et la finition qui reste pour le pont en lui-même est de 15%.
Le projet de construction du 2e pont ayant été optimisé, les travaux battent également leur plein aux deux sorties du viaduc. Du côté de Bonabéri, le terrassement qui permettra de poser la voie ferrée a commencé. Quant à Deido, on découvre un endroit complètement métamorphosé. La  seule chose qui reste du rond-point, c’est la statue de la Nouvelle Liberté. Plus loin, une zone en terre surélevée qui prendra forme pour devenir le giratoire Scdp avec un échangeur simplifié qui aura la même structure que le pont Joss ; des déviations autant le long de la zone portuaire qu’à l’entrée du pont actuellement en circulation. Et au milieu de tous ces travaux, de la poussière, des bouchons interminables. Avancement des travaux de ce côté, plus de 42%. Avec pour délai de livraison le 19 septembre 2018. 
Même si le projet du 2e pont sur le Wouri, dont l’appel d’offres a été lancé en 2011, est impressionnant, il fait partie d’un programme global de développement de la nationale N°3, comme l’explique Fritz Ntonè Ntonè, délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala (Cud). Il est question que la « traversée de la nationale N°3 ne crée aucun problème puisque Douala en est utilisateur et les autres régions. » Le 2e pont est donc l’une des quatre portions intra-urbaines qui concernent la cité économique. Les deux autres segments connus étant la pénétrante Est dont la première phase est achevée, la pénétrante Ouest en travaux.
Le quatrième sous-projet intra-urbain concerne, lui, la portion entre le marché des Fleurs et le marché Sandaga, qui en est à la phase d’études.  Et « plus tard, annexée à ce quatrième sous-projet, il y aura une bretelle qui partirait de la pharmacie King Deido pour longer légèrement les berges sur le Wouri, de façon à ce que ceux qui viennent d’Akwa-nord ne soient pas obligés d’arriver jusqu’au rond-point si leur destination finale est vers l’ouest, c’est-à-dire Bonabéri et autres», explique Fritz Ntonè Ntonè.
 

En quelques chiffres

- Début des travaux : 14 novembre 2013 avec la pose de la première par le président de la République, Paul Biya.
- Durée initiale des travaux : 36 mois.
- Coût global du projet : 132 milliards F
- Longueur du pont : 752 m
- Largeur pont routier : 25,5 m. Il peut avoir 2X3 voies
- Ouvrage ferroviaire : largeur 10,10m. Il permet d’avoir deux voies de chemin de fer dont une seule est prévue d’armer pendant le projet.
- Hauteur : 5 mètres plus haut que l’ancien pont.
- Durée de vie : les viaducs sont dimensionnés pour durer 100 ans.
- Projections de trafic : sur dix à vingt ans, jusqu’à 50 000 à 60 000 véhicules par jour. Toutes les charges pourront passer sur ce pont. Tout le trafic civil et militaire, y compris les grumiers.
- Poids : Environ 200 000 tonnes de poids propre pour l’ouvrage, béton et acier.

Fritz Ntonè Ntonè « Les attentes de Douala sont multiples »

Le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala.

Quel est le rôle exact de la Communauté urbaine dans le projet de construction du 2e pont sur le Wouri ?
La ville de Douala est bénéficiaire de ce projet. Projet qui entre parfaitement dans le plan directeur d’urbanisme de la cité et notre plan des transports et déplacements de la ville à l’horizon 2025 à 2035. Au point de vue responsabilité, c’est un chantier qui est dans un programme global qui concerne une portion, celle intra-urbaine de la Nationale n°3. Donc les routes nationales sont sous la responsabilité du ministère des Travaux publics. Mais on ne peut pas entreprendre les travaux ni les réparations dans ces portions intra-urbaines sans que la ville elle-même soit impliquée. Donc la ville a été engagée au niveau des études, dans la réalisation. La ville est surtout impliquée dans toutes les modifications, ce qu’on appelle les optimisations, qui font en sorte que le projet s’insère dans le tissu routier de la ville de Douala. A quoi bon faire tous ces travaux s’ils dérangent le trafic de la ville de Douala ? En effet, il se passe que le projet initial ne pouvait qu’entrainer des problèmes par rapport au trafic de la ville de Douala. C’est pour cela qu’il y a eu amélioration du projet initial sur proposition et discussions de ceux qui sont impliqués directement. A Douala, il y a deux partenaires majeurs : la ville et le port autonome de Douala.
Quel est le rôle exact de la Communauté urbaine dans le projet de construction du 2e pont sur le Wouri ?
Les attentes de la ville sont multiples. C’est la ville qui bénéficie de ces grandes réalisations. C’est le tissu routier de la ville de Douala qui se modernise ainsi. Si nous nous lançons dans des comportements qui ne sont pas de nature à préserver la durabilité de ces infrastructures, la ville va en souffrir. C’est comme ce qui se passe à la pénétrante Est, où il y a des actes de vandalisme, il n’y a pas une corrélation entre l’importance de l’ouvrage et les préoccupations des populations. Certains même ont l’impression qu’on a construit la route pour améliorer leur étalage de marchandises. Donc la route va se dégrader beaucoup plus rapidement que prévu. Ce que nous attendons aussi de ces infrastructures, c’est que l’amélioration notable de la mobilité dans la ville de Douala soit perceptible et je suis convaincu qu’elle le sera puisqu’en termes de trafic, il y a une grande capacité. Ce qui peut durer pendant une dizaine, une quinzaine d’années avant qu’on pense à d’autres solutions. Si jamais nous sommes disciplinés. eu amélioration du projet initial sur proposition et discussions de ceux qui sont impliqués directement. A Douala, il y a deux partenaires majeurs : la ville et le port autonome de Douala.
La Cud a-t-elle pris des mesures pour réduire l’impact des travaux sur le quotidien des populations ?
C’est notre quotidien. Il ne faut pas que les travaux, même si c’est une bonne chose, entravent les activités quotidiennes. C’est pour cela qu’il faut réduire au minimum ces désagréments. Ce qui n’est pas souvent évident parce qu’en pleins travaux, ce n’est pas marrant de passer trois à quatre heures entre Bonabéri et le centre-ville. Donc vivement que ces travaux finissent le plus rapidement possible pour qu’on améliore quand même les rotations entre deux points. Il y a des mesures, mais elles ne sont pas suffisantes. Il y a d’abord les hommes, le comportement de l’usager. Je crois que si nous sommes plus disciplinés et qu’on respecte le peu d’espace qu’on réserve à une file qui doit passer, on passera moins de temps sur place. Donc on ne cessera de le marteler, discipline, discipline, discipline. Ensuite, il faut matérialiser les déviations. Même si, quelles que soient les conditions, la déviation ne peut pas avoir les mêmes caractéristiques en termes d’espaces que la route même qu’on est en train de faire.
Une fois que le pont sera terminé, que va-t-il manquer à la ville pour qu’elle atteigne le niveau de compétitivité que vous lui souhaitez ?
Beaucoup de choses. Le plan d’urbanisme de la ville de Douala à l’horizon 2025, ainsi que les plans d’occupation des sols, parle d’une projection de 1400-1500 milliards F qu’il faut pour que tous les secteurs impliqués s’épanouissent : les secteurs sociaux, éducation, santé, les divertissements, les sports, le tourisme, le circuit touristique, les hôtels et autres. Aussi, le secteur même au cœur de l’attractivité économique : Douala doit avoir un centre des affaires. Douala doit aussi mettre en place un système moderne de transports publics de masse, assurer à ses habitants un habitat décent et, parce que le poids démographique est important, assurer la maîtrise de tout ce qui est déchet produit par l’Homme, que ce soit liquide, solide, ou déchet particulier, comme les déchets chimiques. A date, nous pensons qu’il y a déjà sur le terrain des réalisations de près de 550 milliards F. Je ne parle pas du budget de la Cud. Quand on parle d’une ville, c’est à la fois le budget de la Communauté urbaine et tous les apports du secteur privé, des partenaires au développement, des populations. C’est tout cela qu’il faut mettre ensemble. Nous sommes donc loin du compte. On est en 2017. Il nous reste pratiquement huit ans pour atteindre 2025. Je crois qu’au point de vue enregistrement des participations, l’évolution est bonne. Si on est à plus de 550 milliards F sur 1400 milliards F, si nous sommes beaucoup plus perspicaces, on fait preuve d’originalité, surtout en recherchant des financements innovants, nous pensons que nous pourrons ne serait-ce qu’atteindre 80 à 85% des objectifs fixés. C’est donc une affaire de tout le monde.
 

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