Tonnerre Kalara Club: respect des textes

24 heures
Grégoire DJARMAILA | 15-03-2017 14:35

Commentaire.

Le football camerounais génère beaucoup de contentieux ces dernières années. Au moment où les dossiers Fecafoot et Etoile filante de Garoua encombrent encore les tiroirs du Tribunal arbitral du Sport (TAS) et de la FIFA, alors que Canon de Yaoundé panse encore les plaies nées des déchirures internes et intestines, voilà le Tonnerre Kalara Club (TKC) qui anime pour ainsi dire le championnat de la ligue de football professionnel du Cameroun. L’affiche TKC contre Botafogo, dimanche dernier dans l’antre du stade militaire rénové de Yaoundé, n’était certainement pas le régal attendu par les spectateurs. Cette rencontre a fini par éberluer les supporters de l’un des clubs mythiques de la capitale camerounaise. La bataille des clans à laquelle se livrent les « frères  ennemis » du quintuple champion du Cameroun est en passe d’atteindre des profondeurs abyssales.
 La nouvelle orientation que les pouvoirs publics confèrent aux clubs fait d’eux de véritables entreprises dont le régime juridique relève du domaine privé. Mais si une société sportive est une initiative privée, son déploiement sur la sphère publique interpelle la puissance publique. Il s’agit de faire respecter les règles du jeu pour éviter les tacles irréguliers, les actes et gestes d’antijeu. La décision de l’autorité administrative de suspendre provisoirement les activités du TKC dans le département du Mfoundi s’inscrit, non seulement dans une logique d’apaisement, mais aussi d’éviter un déferlement des passions et des émotions incontrôlables. Il s’agit en réalité d’éviter que le TKC s’enferme dans un conflit susceptible de le démythifier  et de démystifier le secret de sa gloire d’antan. L’on ne saurait se méprendre sur les gains que charrient le sport en général et le football en particulier. C’est d’ailleurs, semble-t-il, l’un des enjeux des empoignades actuelles. Mais cette guerre d’intérêts ne doit pas sacrifier, ni compromettre, comme c’est le cas actuellement, l’avenir des joueurs qui ne demandent qu’à exprimer leurs talents.
Les responsables en charge de la gestion du football doivent jouer franc-jeu. Tout laisse croire que les crises qui émaillent certains clubs sont parfois les prolongements des batailles auxquelles se livrent les acteurs du football à l’échelle faitière. Faire jouer une équipe dont les joueurs sont sans licences relève d’une curiosité purement camerounaise. La gestion des litiges sportifs par les instances juridictionnelles supposées compétentes est entourée d’entourloupes et d’artifices qui font plus perdre l’opinion publique en conjectures que de clarifier des situations conflictuelles. Il y a donc lieu d’éclaircir les rôles des acteurs et surtout de faire respecter les textes. Il s’agit avant tout de l’image du Cameroun et du football camerounais. Un sport qui vante et vend le label Cameroun à travers le monde. Les Lions indomptables versions féminine et masculine ont su nous en donner la preuve tout récemment. L'on espère que la guerre des factions de TKC n'est pas le dernier round des vautours autour d’un gibier en agonie.
 

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