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Tonnerre Kalara Club: l’imbroglio

24 heures
Josiane R. MATIA | 15-03-2017 14:37

 Le club de Mvog-Ada interdit d’activités dans le Mfoundi, alors que deux factions se déchirent.

Menace de troubles à l’ordre public. Voilà la justification derrière l’acte pris,  lundi dernier, par le préfet du Mfoundi, Jean Claude Tsila, à l’encontre du Tonnerre Kalara Club. L’équipe de Mvog-Ada est en effet suspendue de toute activité sur l’ensemble du département jusqu’à nouvel ordre. Une décision qui trouve son fondement dans la bataille ouverte pour la direction du club, entre Emile Onambélé Zibi et Achille Essomba Mani, qui se réclament tous deux présidents du TKC. Bataille ouverte qui a éclaté dimanche dernier, au stade militaire, alors que la Ligue de football professionnel du Cameroun (LFPC) avait programmé le premier match de la saison du club contre Botafogo. La rencontre s’est déroulée avec plus de deux heures de retard, en présence de forces de l’ordre. Et ce, malgré l’interdiction du sous-préfet de Yaoundé.
Sur le terrain, la faction Essomba Mani a joué, en se prévalant de l’autorisation de la Ligue tandis que celle d’Onambele Zibi, interdite d’entrée, brandissait les licences octroyées par la Fédération camerounaise de football. D’ailleurs, dans la foulée, les arbitres de cette rencontre ont été suspendus par la Fecafoot. Vous avez dit imbroglio ?
Le Tonnerre nous avait certes habitués à des guerres de leadership  ces derniers années, mais cette fois, le conflit semble avoir pris une autre dimension. Aux origines, du moins les plus récentes, de ce qu’on peut désormais qualifier d’ « affaire Tonnerre », deux assemblées générales dénoncées par chacune des parties qui élisent Onambélé Zibi, président sortant, et Essomba Mani. La LFPC, face à la situation, s’en remet à la Fecafoot pour trancher sur la tendance devant prendre part au championnat. L’instance valide l’élection d’Onambélé Zibi. Pierre Semengue, président de la LFPC, saisit aussi la Chambre de conciliation et d’arbitrage du Comité national olympique et sportif du Cameroun pour avis. Celle-ci estime que l’équipe Mani est plus proche de la légalité. Une décision que suivra finalement la Ligue alors que le championnat de Ligue 2 a démarré et que le TKC a manqué les deux premières journées.
Une troisième absence signifierait un forfait général d’après les textes, d’où cette rencontre programmée pour le 12 mars dernier. Avec les conséquences que l’on sait. Le TKC version Essomba Mani envisage de se déporter vers un autre département pour disputer le championnat. Et à la LFPC, on estime que la décision du préfet du Mfoundi ne perturbera pas la programmation du championnat. Le feuilleton est donc visiblement loin de son dénouement.

L’explication

Jean-Claude Tsila: « Une mesure conservatoire pour que l’ordre revienne »

Préfet du Mfoundi.

Pourquoi avoir pris la décision d’interdire les matchs du Tonnerre Kalara club dans le département du Mfoundi ?
Cette décision découle de ce que j’ai été saisi en date du 9 mars dernier par M. Onambélé Zibi, qui nous informait de certains faits susceptibles de porter gravement atteinte à la paix et à la sécurité publique dans le ressort de mon unité de commandement. Il a précisé qu’il y a un risque de retrouver le 12 mars, dimanche dernier, à 14h30 mn au stade militaire, deux équipes du TKC, l’une légale et légitime, la sienne, et l’autre constituée d’imposteurs, avec possibilité de clash. Ces propos sont de lui. Le 10 mars, nous avons reçu une note d’information du cas Tonnerre, du général Pierre Semengue, disant que des risques de tensions pourraient survenir lors des rencontres du club et de ce fait, il sollicitait une meilleure prise en considération des moyens de sécurité appropriés pour éviter des troubles à l’ordre public. Face à ces saisines, j’ai prescrit le déploiement d’un important dispositif sécuritaire au stade militaire pour qu’il n’y ait pas d’affrontement. Sur les lieux, mes collaborateurs m’ont appelé pour me dire que l’atmosphère est surchauffée, car Tonnerre s’est présenté avec deux clubs. Chacune des tendances voulaient livrer le match contre Botafogo. Les parties avaient fait venir des « gros bras » comme on les appelle communément, déterminés à en découdre. Face à tout cela, nous avons prescrit le report du match pour que le problème soit examiné au niveau des instances appropriées. Pendant que nous croyions que nous avions été compris, l’une des tendances a outrepassé les prescriptions faites et décidé de faire jouer la rencontre. Pendant que le match se jouait, l’autre tendance est allée en ville recruter de nouveaux « gros bras ». Nous ne pouvions pas rester indifférents à cette menace d’atteinte grave à l’ordre public. Si nous n’avions pas déployé un important dispositif sécuritaire, nous aurions pu avoir un bain de sang au stade ce jour-là.
Combien de temps va durer la suspension ?
Nous ne pouvions pas accepter que chaque fois que le Tonnerre doit jouer, qu’on nous offre le même spectacle. C’est une mesure conservatoire pour que l’ordre revienne dans le club et qu’il nous serve une seule équipe chaque fois qu’il doit prester dans la ville. La mesure dure aussi longtemps que le problème ne sera pas résolu. Il est précisé à l’article 2 de mon arrêté qu’elle court jusqu’au règlement définitif du conflit entre les factions par les instances nationales de gestion du football. Dès que ce sera le cas, la mesure sera levée.
Pour d’aucuns, votre arrêté est favorable à l’une des parties…
Ce n’est pas le préfet qui a demandé aux gens d’aller s’affronter au stade. Non plus qu’il y ait deux tendances du Tonnerre. On ne saurait me demander de démissionner de mes fonctions. Le préfet ne saurait rester indifférent à des troubles à l’ordre public dans la ville. Imaginez que les supporters des deux tendances s’y soient mêlés dimanche au stade, à côté des « gros bras » recrutés, à quoi aurions-nous assisté ? Nous sommes là dans notre rôle régalien qui est de préserver l’ordre public dans notre unité de commandement. Le préfet ne développe pas d’accointances avec l’une ou l’autre tendance du club.
Propos recueillis par Steve LIBAM
 

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