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Blick Bassy: le « bluesman » à la fine plume

Culture
Monica Nkodo | 16-03-2017 12:22

Le musicien camerounais est le Grand Prix Littéraire d’Afrique noire 2016 pour son premier roman « Le Moabi cinéma ».

La nouvelle est passée presque en toute discrétion. Blick Bassy est le Grand Prix Littéraire d’Afrique noire 2016. « Oui, c’est vrai, j’ai bien reçu cette distinction. Mais l’annonce officielle n’est pas encore faite, c’est la raison pour laquelle je ne l’ai pas encore annoncé moi-même », a révélé mardi Blick Bassy à CT. Le chanteur camerounais est sacré pour son roman « Le Moabi cinéma », si l’on se fie à la publication faite sur le site de l’Association des écrivains de langue française (ADELF) qui décerne depuis 1961 cet important prix consacrant des auteurs majeurs ou dévoilant de nouveaux talents. Blick Bassy se reconnait bien dans cette deuxième catégorie. Il signe sa première prouesse littéraire avec « Le Moabi cinéma » sorti en 2016 aux Editions Gallimard, un an après son album « Akö ».
Auteur, compositeur, interprète, né en 1974 à Yaoundé, ce passionné de musique traditionnelle ayant collaboré avec plusieurs icônes comme Manu Dibango ou Cheikh Tidiane Seck, se lance dans l’univers romanesque avec une bande de cinq copains bacheliers qui rêve d’Occident et tente, par tous les moyens, d’obtenir un visa. Le « bluesman » camerounais se penche à la fois avec humour et gravité sur les tracasseries morales d’obtention de ce précieux sésame. Il marque une réflexion profonde sur la jeunesse africaine sacrifiée et à la dérive, écœurée de voir l’horizon de son avenir noirci par des problèmes sans fin. « Le Moabi cinéma » est aussi une alerte majeure sur les illusions de l’Occident, au moment où des jeunes Africains risquent leur vie pour quitter le continent. Dans ce livre, on retrouve nombre de thèmes, qu’il s’agisse de la religion notamment avec les églises dites de réveil, la prostitution, l’escroquerie à grande échelle, l’inertie des politiques, le blanchiment de la peau…
En 240 pages, Blick Bassy éclot comme un auteur rafraîchissant. Après des textes forts émis pour la musique (comme celui d’ « Etam », chanson culte du groupe Macase dont il est l’ancien guitariste) Blick Bassy pousse plus loin son exploration de l’écriture. Un premier essai très bien accueilli par la critique. Il est le 13e Camerounais à recevoir le Grand Prix littéraire d’Afrique noire, notamment un an après Hemley Boum en 2015, et à la suite de plumes comme Francis Bebey, Calixthe Beyala ou Leonora Miano. Le jury de l’ADELF a également attribué une  mention spéciale au Congolais Guy Alexandre Sounda pour son roman « Confessions d’une sardine sans tête », paru aux éditions sur Le Fil.

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