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Enseignement technique: le défi de la professionnalisation

24 heures
Sorèle GUEBEDIANG à BESSONG | 17-03-2017 10:57

Des journées portes ouvertes se tiennent depuis hier au lycée de Nkolbisson à Yaoundé où les élèves exposent leur savoir-faire.

Des pupitres de discours et des portes-rideaux avec des supports, des grilles métalliques, des tables à repasser réglables et démontables en acier et fer forgé dont les prix varient entre 15 et 25 000F. Ce sont-là entre autres produits fabriqués par Merlin Foteu et Jacques Kunde de la classse de Ière MF/CM (métaux en fer et construction métallique). Ceci en collaboration avec leurs camarades des classes de 2nde et 4e du lycée technique d’Ekounou. Dans un autre stand, Thérèse Binen Ndzie, élève en classe de Ière au Centre éducatif Le Bon Berger, explique avec passion le choix de sa filière. « C’est par amour tout simplement pour les métaux. Grâce à mes produits, je prends en charge ma formation  », explique la jeune fille. Seulement dans  cette filière, les apprenants éprouvent des difficultés tant au niveau de l’acquisition du matériel que des équipements de travail. « En matière de fer forgé, nous travaillons grâce aux électrodes à souder mais nous ne disposons pas de matériel de protection. Ce qui fait que nos corps sont constamment exposés au feu », explique l’un d’entre-eux.
Ces divers talents exposés par les élèves des lycées et collèges technique de Yaoundé au lycée technique de Nkolbisson hier ont donné à voir au public. Au cours de la cérémonie de lancement des journées portes ouvertes de l’enseignement technique professionnel édition 2017, le secrétaire général du ministère des Enseignements secondaires, le Pr. Ivo Leke Tambo, a saisi l’opportunité pour saluer le génie-créateur des élèves. Avec pour thème : «  Journées portes ouvertes : vitrine de la professionnalisation des enseignements secondaires de deuxième génération », cette opération présente les talents concoctés en matière de travaux pratiques et d’esprit d’entreprise. Des ingrédients répondent aux besoins réels du pays en matière de développement. « Le Cameroun doit cesser d’importer les experts et les techniciens de tout bord. C’est pourquoi le gouvernement a choisi de former les jeunes qui s’engagent à soutenir la croissance », a indiqué le Pr. Ivo Leke Tambo. Et d’ajouter : « Le génie et le devenir de nos enfants nous interpellent afin que l’enseignement technique professionnel puisse s’affirmer comme un levier essentiel sur lequel le Cameroun doit s’appuyer pour relever les défis présents. »
Pour y parvenir, le délégué régional du Minesec pour le Centre, Anne Francine Ndock a sollicité un appui et des moyens financiers supplémentaires à la valorisation des travaux des apprenants. Une idée partagée par les enseignants qui émettent le vœu de voir les pouvoirs publics davantage équiper les lycées techniques.

 

L’explication

Denis Bougnibekoene: « L’enseignement technique prédispose à un métier »

Inspecteur coordonnateur régional des techniques industrielles pour le Centre.

Quel est l’état des lieux de l’enseignement technique ?

Pour ce qui est de la région du Centre, le nombre d’établissements scolaires a considérablement augmenté ces dernières années. A ce jour, nous comptons 195 établissements privés et publics. Il y a un engouement d’élèves pour cet ordre d’enseignement. Cependant, le nombre limité d’établissements d’enseignement technique se justifie par le fait que ceux-ci demandent un grand investissement des infrastructures, notamment les ateliers et les équipements. Ensuite c’est un enseignement qui prédispose les apprenants à un métier. Ceux-ci sont aptes à exercer un métier au sortir de ce type d’enseignement. Contrairement à l’enseignement général, les équipements sont parfois très coûteux dans certaines spécialités comme la menuiserie et la mécanique automobile.

Justement on observe dans certains établissements scolaires un déficit d’équipements. Qu’est-ce qui est fait pour remédier à cette situation ? 

Il convient de préciser qu’il n’y a pas un manque d’équipements. Ceux-ci sont insuffisants. Ceci est dû au fait qu’il y a certains équipements qui ont considérablement pris de l’âge et n’arrivent plus à produire le travail attendu. Il y a donc un problème d’insuffisance de postes de travail relatif aux équipements. Pour pallier cette insuffisance, le ministère des Enseignements secondaires investit beaucoup à travers les dotations du BIP chaque année. L’Etat envoie des équipements dans les établissements. Pour ce qui est des élèves démunis et méritants, l’Etat leur octroie des appuis. Sans oublier l’apport de l’association des parents d’élèves en termes d’équipements.

Qu’est-ce qui justifie la ruée des élèves vers l’enseignement technique actuellement ?

C’est parce qu’il prédispose à un métier. Quand un enfant sort de nos établissements, il est apte à exercer un métier. Qu’à cela ne tienne, l’enseignement technique a connu plusieurs phases. Dans un premier temps, il était considéré comme un secteur abandonné aux enfants qui ne peuvent pas étudier. Et au fil du temps, on s’est rendu compte que c’est utile. L’émergence ne pourra se faire qu’avec l’enseignement technique professionnel. Dans le cadre de la construction du pipeline par exemple à l’époque, il n’y avait pas de main d’œuvre locale. Ce qui justifie le fait que les parents s’intéressent de plus en plus à l’enseignement technique. Compte tenu du fait qu’avec la crise économique qui a traversé le pays à une époque, certains parents préfèrent envoyer leurs enfants à l’enseignement technique afin que ceux-ci trouvent rapidement un métier pour qu’ils puissent se prendre  en charge.

Propos recueillis par Assiatou NGAPOUT M.

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