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Une volonté affichée de rattraper le retard

24 heures
Rousseau-Joël FOUTE | 16-05-2017 16:51

Le secteur de l’économie numérique bénéficie d’une attention soutenue, afin que le Cameroun devienne à court terme un leader technologique en Afrique.

Le plan de développement des infrastructures de communication et de télécommunications au Cameroun est à mettre en rapport avec l’ambition affichée de donner une impulsion particulière à l’économie numérique. Le 31 décembre 2015, dans son message à la Nation, le chef de l’Etat, Paul Biya, a clairement indiqué  le projet du Cameroun dans ce domaine. « …il nous faut rattraper au plus vite notre retard dans le développement de l’économie numérique. Celle-ci est un véritable accélérateur de croissance, en plus d’être une véritable niche d’emplois nouveaux pour notre jeunesse. Nous devons pouvoir en tirer avantage pleinement », avait-il déclaré. Avant de prendre comme un engagement. «  Le gouvernement, dans son organisation, accordera à ce secteur toute l’attention méritée », avait-il promis. Aujourd’hui, les initiatives des pouvoirs publics qui se multiplient dans le champ de l’économie numérique sont la matérialisation d’un projet entré dans sa phase de mise en œuvre. La dernière en date, c’est le Forum international sur l’économie numérique qui se tient du 15 au 17 mai 2017 à Yaoundé, à l’initiative et sous le haut patronage du président de la République. Thème des assises qui rassemblent environ 200 participants de plusieurs nationalités : « Comment réussir l’économie numérique au Cameroun ». L’objectif de la rencontre est de créer des conditions pour un passage réussi du pays à l’économie numérique. Il est notamment question de mobiliser des financements internationaux en faveur des projets innovants dans le secteur de l’économie numérique au Cameroun. Puis, de faciliter la mise en œuvre des partenariats entre les institutions, les porteurs de projets camerounais,  les entreprises nord-américaines et les investisseurs nationaux. D’après le ministère des Postes et Télécommunications, ces partenariats devraient contribuer au développement de l’économie numérique au Cameroun, conformément aux axes du Plan stratégique de l’économie numérique au Cameroun, afin d’augmenter le PIB de 5% en 2016 à 10% en 2020 ; la création d’emplois directs de 10 000 en 2016 à 50 000 en 2020 ; la hausse des impôts de 136 milliards de F en 2016 à 3 000 milliards en 2020. Pour y parvenir, la stratégie conçue comporte plusieurs axes : la télémédecine, l’enseignement à distance, les modes de financement, les infrastructures, le cadre juridique, la création d’un environnement propice à l’essor des entreprises dans le secteur du numérique. L’ambition à court terme, est de faire du Cameroun un leader technologique africain. Le forum en cours à Yaoundé intervient après l’organisation des vidéoconférences, du « Globe-Trotter » de l’économie numérique, des Journées nationales de l’économie numérique et la tenue du Comité sectoriel numérique.

Interview 

Albert Kamga : « Le Minpostel encourage les incubateurs du secteur privé »

Inspecteur au ministère des Postes et Télécommunications, chargé des Questions techniques.

Ya-t-il un programme d’accompagnement des porteurs de projets dans le secteur de l’économie numérique par le MINPOSTEL ?
En ce moment, l’initiative phare du Minpostel pour l’accompagnement des porteurs de projets du numérique est l’assistance que le ministre des Postes et Télécommunications a décidé d’apporter à ces porteurs dans la maturation de leurs projets. L’approche est de parcourir les dix régions du Cameroun avec une caravane pour rencontrer les porteurs de projets, échanger avec eux, identifier les aspects pour lesquels ils ont besoin de fournir davantage d’effort pour la maturation de leurs projets, en d’autres termes, pour rendre leurs projets bancables. Les échanges sont également l’occasion de leur donner des conseils pour la protection des idées ou des créations, grâce au concours du partenaire de choix à cet effet qu’est l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle. La caravane est un début de réponse aux doléances formulées par les jeunes porteurs de projets ou d’idées de projet dans le domaine du numérique à l’occasion notamment d’une série d’échanges par vidéoconférence que le Minpostel a eu en 2016 avec les jeunes des dix régions, pour lesquels plus de deux mille jeunes porteurs d’idées ou de projets du numérique auront été enregistrés.
Après la caravane, le Minpostel envisage la mise en place d’un cyber-park qui va être un espace disposant des facilités nécessaires au développement de projets du numérique. Vous savez que dans ce domaine, la matière grise est plus que jamais la plus importante. Disposer d’un cadre avec des facilités dimensionnées pour le développement du numérique (Internet haut débit, plates-formes d’expérimentation, espaces pour discussion d’affaires, etc.) facilitera l’éclosion du génie créateur des Camerounais dans le secteur du numérique. En même temps, le Minpostel encourage aussi les initiatives d’incubateurs du secteur privé dans le domaine du numérique.
Quel bilan faites-vous de la caravane globe-trotter?
Après l’étape de Yaoundé qui était l’étape de lancement de cette caravane qui va faire le tour des dix régions, l’étape de Douala a suivi du 18 au 20 avril 2017. Il est sans doute un peu tôt pour parler de bilan, puisque nous n’en sommes encore qu’à la deuxième étape sur les dix prévues. Il y a tout de même lieu de relever le fort engouement manifesté par les jeunes porteurs d’idées ou de projets du numérique lors des deux premières étapes de la caravane. A l’issue de ces deux étapes, ce sont près de 300 projets qui sont enregistrés et se trouvent en ce moment à divers niveaux de maturation. Certains de ces projets trouveront sans doute des partenaires techniques ou financiers à l’occasion du Forum international sur l’économie numérique qui se tient du 15 au 17 mai 2017, à l’occasion des échanges privés qui sont prévus, au regard de l’intérêt déjà manifesté dans cette perspective par certains Fonds notamment d’Amérique et d’Asie.
Les start-up peuvent-elles bénéficier du Fonds spécial des télécommunications (FST) ?
Je suis au regret d’y répondre par la négative. En effet, le FST est un fonds dit de service universel prévu par la loi sur les communications électroniques, essentiellement pour financer la mise en place des infrastructures des télécommunications dans les zones qui ne sont pas financièrement intéressantes pour les opérateurs des télécommunications. Il n’a ainsi pas a priori vocation à financer directement les start-up. En termes de bénéfice indirect, c’est possible, étant donné que financer la mise en place de certaines facilités communes à l’instar du cyber-park dont nous avons parlé, ou le développement des réseaux de communications électroniques sur l’ensemble du territoire accroît le potentiel exploitable par les start-up.
Propos recueillis par Grégoire DJARMAILA

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