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Mayo-Darlé: à la recherche du lustre d’antan

Regions
Brice MBEZE | 17-05-2017 15:41

Jadis prospère grâce à l’exploitation de ses minerais, la localité s’urbanisant à l’ombre de Banyo et de Bankim,  prend un nouvel essor.

Localité du département du Mayo-Banyo, Mayo-Darlé a été rendue populaire grâce à son célèbre gisement  d’or et d’étain. Dans les programmes de géographie, à l’école primaire, beaucoup d’élèves ont étudié une leçon qui avait trait au  minerai de Mayo-Darlé. La ressource minérale (l’étain) a été exploitée lors des années 60 et 70. La ville doit sa naissance à cette mine, qui attirait les populations venant de tous les coins du triangle national, voire des pays voisins tels que la République centrafricaine. Les réserves s’étant épuisées, le site a fermé. La Sofimec, société qui l’exploitait, a mis la clé sous le paillasson, depuis des lustres. Cependant, l’activité minière n’a pas pour autant disparu. Une société minière sud-coréenne et un opérateur économique, originaire de la région, possèdent des permis de recherche de l’étain et de l’or dans cette zone. Mayo-Darlé, située presque à califourchon entre  Banyo et Bankim, sur la nationale N°6, continue sereinement d’affirmer son identité.
La ville se développe, en recentrant son essor sur d’autres activités. Les populations se sont rabattues sur les activités agro-pastorales et commerciales. L’élevage des bovins y est intense.  L’agriculture, le transport et le commerce des produits manufacturés, sont pratiqués à grande échelle. L’une des activités les plus florissantes de l’heure reste la vente du carburant, communément appelé « zoua zoua ». Mayo-Darlé est située à une quinzaine de kilomètres du Nigeria et à quelques encablures du département du Noun, dans la région de l’Ouest. La localité est devenue un centre commercial important. Mais depuis un moment, « les bœufs ne vont plus au Nigeria », constate, dépité, le sous-préfet. Le commerce du bétail faisait vivre Mayo-Darlé.
Le rythme des échanges avec ce grand voisin a baissé. Une situation qui a une grosse incidence sur l’économie locale, presque principalement concentrée sur le commerce de bétail. Les conflits agro-pastoraux entre éleveurs et agriculteurs, constituent également une vive préoccupation. Néanmoins, les grands acquis de Mayo-Darlé restent : la sécurité alimentaire et celle des personnes et des biens. « Vous pouvez parcourir à pied  les 70 kilomètres qui séparent Mayo-Darlé de Banyo. Rien ne vous arrivera », rassure le sous-préfet. Toutefois, l’enclavement de l’unité administrative est chronique. Au centre-ville, l’activité est concentrée sur la nationale n°6, qui relie la ville à Bankim d’une part, et Banyo d’autre part.  L’exécutif municipal, sous la conduite de Gbeungba Toulalé, le maire, a entrepris  des opérations d’envergure pour rendre le cadre de vie agréable. En plus de l’adduction d’eau réhabilitée en 2015, des routes ont été ouvertes  dans les quartiers et hameaux. Pour résoudre le sempiternel problème d’électricité, un champ solaire construit par les pouvoirs publics, entrera bientôt en activité. Le ramassage des ordures ménagères, à l’aide des tricycles, est également effectif. Les signes d’une urbanisation galopante sont visibles. Immeubles et duplex commencent à sortir de terre à un rythme soutenu. Mayo-Darlé veut retrouver son lustre d’antan.

Vision

« La déperdition scolaire en baisse »

 Nji Ripert Ndam, proviseur du lycée bilingue de Mayo-Darlé.

« L’établissement créé en 1999 comme CES, a été érigé en lycée bilingue en 2014. Il compte, aujourd’hui, 851 élèves. C’est le seul établissement d’enseignement secondaire de l’arrondissement. Depuis notre arrivée, nous menons des actions de sensibilisation envers les parents. Cette sensibilisation est déjà couronnée de succès. Puisque les effectifs sont croissants. Le taux de déperdition scolaire a aussi baissé. Le taux de réussite des filles est plus élevé que chez les garçons. Nous avons d’assez bonnes infrastructures.  Grâce à la mairie, le Feicom vient de nous construire deux blocs de salles de classe».

 « Nous avons l’espoir de trouver  de l’étain »

 Elvis Abongni Tabara, responsable d’une société minière.

«Je vis  à Mayo-Darlé depuis sept mois.  La ville se développe. Depuis mon arrivée, beaucoup de choses ont été faites. La mairie fait de gros efforts pour rendre le cadre de vie agréable. La ville a un gros potentiel, mais les populations ne s’intéressent pas beaucoup au travail de la terre. Je suis le représentant de l’entreprise sud-coréenne Daewo qui fait dans l’exploration et l’exploitation minière. Mais à Mayo-Darlé où nous possédons un permis de recherche, l’exploration est encore  artisanale. Nous sommes encore à la phase des recherches. Bien que les quantités soient faibles, nous  gardons encore l’espoir d’une bonne tournure ».

 « La ville a beaucoup évolué »

 Mbouombouo Chouaibou, cadre communal.

«Depuis 2011, il y a une nette évolution. Ce changement s’est accentué en 2013, avec  l’avènement d’un nouvel exécutif communal. Cette équipe s’investit dans la construction des infrastructures de base. La mise en service de l’adduction d’eau potable est venue améliorer les conditions de vie des populations, qui s’impliquent dans l’agriculture. Mais, il y a un gros problème. C’est celui de la divagation des bêtes.  Il faut construire une clôture, à l’aide de fils barbelés, pour sécuriser les parcelles. Cela augmente les coûts».

 

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