Implication des femmes : un cap à passer

Depuis plusieurs années, le président Paul Biya a fait de la promotion de la femme l’un de ses chevaux de bataille. Dans le discours inaugural de son nouveau septennat le 6 novembre 2018 à l’Assemblée nationale, il s’est, une fois de plus, engagé à consacrer sans relâche tous ses efforts « à promouvoir le rôle des femmes dans notre société ».

En réalité, l’engagement pris dans son discours était la concrétisation des promesses contenues dans sa profession de foi. En effet, Paul Biya alors candidat, avait sollicité les suffrages de ses compatriotes sur la base de dix principaux engagements.

Au paragraphe 6 de cette profession de foi, il disait solliciter les suffrages des électrices et des électeurs pour accroître le rôle des femmes et des jeunes.

Mieux que par le passé, poursuivait-il, « nous devons accorder aux femmes et aux jeunes une juste place dans la société, non seulement au regard de leur poids démographique, mais aussi en considération de l’énergie dont ils sont porteurs ».

A cet effet, le présidentcandidat s’engageait à accélérer le processus d’institutionnalisation de la parité hommes-femmes ; à renforcer la prise en compte des besoins des femmes et des jeunes dans les politiques publiques sectorielles ; et à améliorer le niveau de participation des femmes et des jeunes dans la vie politique, économique, sociale et culturelle.

Aujourd’hui qu’un nouveau mandat lui a été accordé, les femmes attendent de voir comment les engagements qu’il a pris vont être traduits dans les faits.

Dans un contexte où les femmes, malgré leurs compétences, leur implication et le poids démographique qu’elles représentent, peinent toujours à occuper les postes de responsabilité et de décision au sein des partis politiques, entre autres.

Elles sont pour la plupart réduites à des postes dits mineurs et leur rôle consiste essentiellement à haranguer les foules lors des rassemblements et des meetings.

En plus d’être sous-représentées dans des assemblées élues, elles le sont tout aussi peu nombreuses dans des fonctions dirigeantes, dans l’administration publique ou encore dans le secteur privé ou le monde universitaire.

Comme début de solution à ce problème, le Code électoral oblige les partis politiques, depuis le 21 décembre 2012, dans le cadre de l’élection des députés à l’Assemblée nationale, à tenir compte du genre lors de la constitution de chaque liste de candidats.

C’est la même chose en ce qui concerne l’élection des conseillers municipaux. Résultat des courses, on a aujourd’hui au Sénat, 26 femmes sur 100 sénateurs et à l’Assemblée nationale, 56 femmes sur 180 députés.

Au niveau des communes, 27 femmes sont maires sur 360 mairies, soit à peine 8%. Parmi les membres du gouvernement, on compte 11 femmes sur une soixantaine. Dans le commandement territorial, aucune femme ne figure parmi les dix gouverneurs de r&e...

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