Lutte contre le discours de haine: la solution du journalisme fondamental

Professionnalisme et objectivité préconisés lors un atelier de sensibilisation des médias organisé par les Nations unies et le Conseil national de la Communication à Douala

Le Centre des Nations unies pour les droits de l’Homme et la démocratie en Afrique centrale (CNUDHDAC), en partenariat avec le Conseil national de la Communication (CNC), organise depuis mardi à Douala, des ateliers de sensibilisation adressés aux professionnels de médias sur les discours discriminatoires, la propagande et l’incitation à la haine. Le deuxième atelier, destiné aux médias de l’audiovisuel, démarre ce jeudi 13 juin 2019, jusqu’à demain. Il vient donc à la suite du premier séminaire adressé aux professionnels de la presse écrite et en ligne.

Lors de cette première vague d’une trentaine de journalistes réunis les 11 et 12 juin dernier, les objectifs de la formation ont été rappelés aux participants dans un contexte où des échéances électorales se préparent. Selon Firmin Sindaye, représentant du directeur du CNUDHD-AC : « L’atelier vise à renforcer le professionnalisme des médias en les encourageant à proscrire l’incitation à la haine et la discrimination et à promouvoir le respect des droits de l’Homme dans le cadre d’un débat contradictoire et démocratique au Cameroun. Il est ainsi question de doter les professionnels des médias d’outils nécessaires pour jouer pleinement leur rôle dans la conduite des processus électoraux inclusifs, paisibles et crédibles afin d’éviter les débordements liés aux discours discriminatoires et à l’incitation à la haine. »

Du côté du CNC, Joseph Janvier Mvoto Obounou, vice-président de l’organe, a dressé un tableau peu reluisant d’une « presse camerounaise (…) vénale et partisane », qui participe à ce que les psychosociologues de l’information appellent « le viol des foules ». Des médias qui fonctionnent comme des caisses de résonance, des échos sonores des groupes de pression politiques, économiques, culturels ; qui sont des relais complices qui sous-tendent le repli identitaire et la haine ; qui sont des véhicules approbateurs des fake news.

D’où l’appel du régulateur aux journalistes, à exercer leur métier « en toute liberté, mais aussi en toute responsabilité. » Responsabilité, mot qui doit rimer avec professionnalisme, et donc avec un retour aux fondamentaux du métier de journaliste en termes d’objectivité dans le traitement de l’information, la vérification des faits, la protection des sources, ceci dans le strict respect de la déontologie du métier et bien entendu de la loi, nationale comme internationale. Des notions sur lesquelles sont revenus les encadreurs, notamment le journaliste Lazare Etoundi et le juriste Rodrigue Anicet Tayo.

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