Attentes fortes

Fins analystes et autres observateurs avertis de la scène politique nationale avaient pronostiqué que le Grand dialogue national qui se tient depuis lundi dernier au Palais des Congrès de Yaoundé serait, à l’image de la palabre africaine, un grand moment du parler-vrai. Ils n’avaient pas tort. Depuis l’ouverture de ce forum par le Premier ministre, chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, ça discute ferme dans les salles de débats, voire dans les coulisses. Mais dans l’ensemble, les échanges gardent une bonne hauteur et restent corrects. Il ne pouvait du reste en être autrement quand on sait que le brainstorming en cours sur les hauteurs de Nkolnyada, vise à proposer des voies et moyens en vue de l’instauration d’une paix durable dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Après trois journées d’intenses travaux en commission, celle d’aujourd’hui s’annonce décisive. En effet, selon le programme officiel, elle sera meublée par des séances plénières de présentation des rapports des commissions, de l’examen du rapport final du Grand dialogue national et de son adoption. En raison de l’importance des enjeux, l’on devrait s’attendre à des échanges vifs voire houleux, où les différents participants chercheront à imposer leurs points de vue. Qui oserait les blâmer pour cela ?  A vrai dire personne. Car l’occasion est tellement bonne, l’aubaine tellement alléchante pour se faire remarquer. Seulement, les privilégiés qui prennent part au Grand débat national ne doivent pas perdre de vue que les Camerounais forment un seul peuple, au-delà des barrières artificielles instaurées par la colonisation pour des intérêts qui ne sont pas les nôtres.
En tout cas, il revient aux femmes et hommes réunis au Palais des Congrès de puiser avec lucidité au tréfonds d’eux –mêmes, les ressources nécessaires pour transcender divergences et incompréhensions. Dans l’optique d’un renforcement de l’unité et de l’intégration nationales qui nous ont valu jusqu’ici respect et admiration à travers le monde. L’on ne saurait nier, à cet égard, que ces dernières années, le Cameroun a su faire figure de modèle très appréciable de cohésion sociale en tant que mosaïque stable et prospère. Et ce, au milieu d’une Afrique traversée par toutes sortes de turbulences et de traumatismes ravageurs.

En dépit d’inévitables couacs inhérents à toute communauté humaine. Il s’agit donc de saisir l’opportunité des assises en cours, pour consolider ces précieux acquis de solidarité, de paix et de tolérance. Il s’agit par ailleurs de les capitaliser au mieux afin de permettre à la nation de poursuivre victorieusement sa marche vers son développement harmonieux à travers un progrès social partagé. Tant il demeure que l’homme doit figurer au centre de toutes les préoccupations. Dans cette optique, il faut souhaiter et espérer notamment au terme des travaux du Grand dialogue national, que l’on sera parvenu à un consensus pour que l’école reprenne ses droits dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Il y va de l’intérêt d’une partie importante de la jeunesse de ces deux régions.
Par ailleurs, l’on conviendra que la paralysie de l’économie et de l’appareil productif qui ne profite à personne a assez duré. On sait que la situation sécuritaire préoccupante dans le Nord-Ouest et la Sud-Ouest a porté un coup d’arrêt aux activités de nombreuses entreprises de la zone, notamment la CDC, deuxième employeur du pays après l’Etat. Avec pour conséquences des pertes abyssales pour ces structures ainsi qu’une mise en chômage forcé pour des milliers de travailleurs.
Au moment où les travaux du Grand dialogue national rentrent dans une phase décisive, il convient de rappeler que les Camerounais dans leur immense majorité, attendent avec espoir que les participants parviennent à des solutions consensuelles et constructives. Afin de poser les jalons d’un nouveau départ qui permette d’envisager un avenir radieux pour le triangle national dans la paix, l’union des cœurs et la concorde retrouvées.
 

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