Gouvernance locale : l’ère de la modernisation

Le message de fin d’année et de Nouvel an du président de la République à ses compatriotes mardi dernier, était particulièrement attendu. Et pour cause, il devait permettre aux Camerounais de se faire une idée précise de l’état de la Nation, un peu plus d’un an après le discours programme du 6 novembre 2018, marquant le début du septennat des Grandes opportunités. Paul Biya, qui se fait toujours le devoir de parler vrai à ses compatriotes, a saisi cette occasion non seulement pour dévoiler les bons points et identifier les défis à relever en termes de progrès social, de croissance économique et d’émergence, de pacification des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et de modernisation de la gouvernance. Mais aussi pour mobiliser ses compatriotes afin qu’ils le soutiennent dans la conduite du bateau Cameroun vers des rivages plus ensoleillés.
S’agissant des perspectives de modernisation de la gouvernance locale, fortement saluées tant au Cameroun qu’à l’extérieur du triangle national, il convient de rappeler qu’elles ont été peaufinées à l’occasion du Grand dialogue national tenu à Yaoundé du 30 septembre au 4 octobre 2019. Ces assises unanimement qualifiées d’historiques ont fortement marqué les esprits en raison de la pertinence des recommandations adoptées. 
Le projet de loi portant Code général des Collectivités territoriales décentralisées (CTD) qui en a résulté a été adopté par le Parlement et la loi y relative promulguée par le président de la République le 24 décembre dernier. Ce texte marque indubitablement un tournant décisif dans la gestion desdites Collectivités au Cameroun. Les changements et les innovations contenus dans ce texte sont si profonds que la dynamique de décentralisation amorcée en 2004 va connaître dans les prochains mois une accélération spectaculaire. 
Fini le temps où la tutelle du pouvoir central était trop pesante sur les collectivités territoriales décentralisées. Au point que les élus locaux étaient contraints de se soumettre au diktat de Yaoundé, y compris pour la gestion des projets mineurs d’aménagement ou de construction d’infrastructures de base. Révolue l’époque où le mode non électif de désignation des exécutifs des Communautés urbaines était une source permanente de conflits entre ces derniers et les maires élus.
Voici donc venue une nouvelle ère bâtie sur des approches plus soucieuses du bien-être des populations à travers une gestion participative du patrimoine commun qui garantit la libre administration et l’autonomie fonctionnelle des collectivités territoriales décentralisées. Toutes choses qui vont se traduire dans un avenir proche par une meilleure implication des populations à l’ensemble des phases d’élaboration et d’exécution des budgets, programmes et projets. Corrélativement, des ressources financières nouvelles et substantielles seront accordées aux CTD. Avec en prime, un assouplissement conséquent des pouvoirs des autorités administratives. Lorsqu’on y ajoute la dévolution d’un statut aux élus locaux, il y a là, incontestablement, une avancée majeure, un pas de géant, un saut qualitatif d’importance qui découle du souci constant d...

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