Au marché : le poulet à prix d’or

Dans les espaces de vente de Yaoundé, cette denrée est en quasi pénurie et se vend par ricochet très cher.

Ce samedi 5 juin au marché de Mvog-Ada, lieu réputé pour la vente du poulet à Yaoundé, l’ambiance n’est pas vraiment celle des jours ordinaires. Mais pour qui a ses habitudes dans ce marché, on constate très vite qu’il manque quelque chose. D’abord, l’odeur des poulets qui très souvent agresse les visiteurs de ce marché semble avoir disparu. Puis, les vendeurs de cette denrée, généralement postés à l’entrée du marché se comptent au bout des doigts. Même les véhicules où ces bêtes sont souvent rangées sont également absents. Il faut pénétrer le cœur du marché pour rencontrer quelques vendeurs ambulants avec des poulets en main. Il faut aller encore plus loin pour en trouver avec un poids raisonnable. Ce samedi matin, ceux vendus sont davantage de petits gabarits. Les prix varient entre 3000 et 3500 F pour des poulets qui en temps normal coûtent entre 2300 et 3000 F. Les gros poulets quant à eux, sont vendus à partir de 4000 F. « On est obligé d’acheter à ce prix-là en attendant que le poulet revienne sur le marché. Je vais en prendre plusieurs pour que les gens aient vraiment l’impression de manger du poulet à la maison », confie cette ménagère rencontrée dans ce marché.
C’est que, depuis plusieurs semaines déjà, le poulet est rare sur le marché. Et quand on en trouve, il coûte assez cher. Même ceux qui le vendent déjà grillé ont dû revoir leurs prix à la hausse. Le poulet entier qui autrefois coûtait 3000 F est désormais vendu à 4000 F pendant que le quart qui valait 750 F est vendu à 1000 F. « On ne peut pas vraiment expliquer pourquoi c’est rare. Nos fournisseurs nous disent juste qu’il n’y en a pas », confie un vendeur ambulant. Son collègue semble plus au fait de la situation. Il s’agirait de la faible production enregistrée sur le marché actuellement, du fait du Covid-19. Les consommateurs commencent d’ailleurs à se faire à cette pénurie du poulet sur le marché qui devient récurrente depuis l’avènement de cette pandémie. Comme autre raison à l’origine de cette pénurie, la survenue de la grippe aviaire dans certains pays européens fournisseurs du Cameroun.  
En mars dernier, comme solution, le ministre de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales avait signé une note autorisant les producteurs à importer des œufs à couver et des poussins d’un jour du Brésil. A ce jour, si la mesure n’est pas encore effective, des solutions palliatives continuent d’être envisagées. L’Interprofession avicole dit veiller à cela. 
 

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category