Le bendskin pour unir et enrichir

Cette danse populaire est assez prisée lors de diverses manifestations et met en valeur le riche patrimoine des peuples Grassfields.

C’est tout un art de voir Fanga Mbendjo et son groupe exécuter le bend-skin. Des mains, il donne le rythme en tapant sur le tam-tam. De la voix, il entonne le chant qui est repris en chœur par les autres membres du groupe. Une chanson qu’il assaisonne d’onomatopées et de cris « guerriers » pour encourager les danseuses et les danseurs à prendre possession de la scène. Le ton donné. Le rythme est effréné. En synchronie, les danseurs se courbent et se trémoussent en s’activant avec les pieds et les mains. Tous sont en effervescence lorsque les danseuses se mettent à trémousser avec leur postérieur.


Read also : Traitement de la solde et des pensions : de nouvelles procédures

« C’est le rythme et les pas de danse qui font la particularité du bend-skin », précise Fanga Mbendjo qui a officié comme danseur dans la célèbre chanson d’André Marie Talla, bien titrée « bend-skin ». Une chanson qui a contribué à populariser cette danse traditionnelle. De nombreux artistes, nationaux (groupe Kouchouam Mbada) et internationaux à l’instar de la star ivoirienne Frédéric Meiwey, se sont par la suite lancés dans l’exécution des chansons au rythme du bend-skin, renforçant la renommée de cette cadence culturelle qui a aujourd’hui de multiples variantes. Cela a également permis de vendre de nombreux disques, engrangeant ainsi quelques dividendes aux artistes. A l’origine, le bend-skin est une variante des danses populaires exécutées par les groupes de l’Ouest comme le Mangambeu, le Lessa, le Samali et bien d’autres. Il signifie : « danser courbé ». Les mouvements associatifs l’exécutent lors des grandes occasions, et reçoivent « du farotage » en prime. Cette récompense impulse la multiplication des groupes de bend-skin qui sont présents lors des grands mouvements populaires. Le contenu des messages est populaire et interpellatif, pour inciter les personnes présentes à mettre la main à la poche pour encourager le groupe de danseurs. L’argent récolté à l’occasion permet à ces groupes de s’équiper en matériel musical, de s’organiser et même de rallonger leurs fins de mois.


Read also : Endettement de l’Afrique : la hantise du surendettement

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category