Sommet extraordinaire de la Cemac : Yaoundé fixe un nouveau cap

En ouvrant et en clôturant hier la rencontre des chefs d’Etat et de gouvernement de la sous-région, Paul Biya a lancé un appel pour la solidarité afin de faire face aux menaces et défis qui interpellent les Etats membres.

Après trois heures d'intenses travaux et d'échanges en virtuel, le Sommet extraordinaire des chefs d'État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) a pris fin hier à Yaoundé. Il était 17h quand le président de la République du Cameroun, Paul Biya, président en exercice a clôturé ce conclave qui a connu la participation des présidents centrafricain, Faustin Archange Touadera, gabonais, Ali Bongo Ondimba, équato-guinéen, Obiang Nguema Mbasogo, tchadien, Mahamat Idriss Deby Itno ainsi que celle du Premier ministre congolais, Anatole Collinet Makosso. Le rendez-vous de Yaoundé a également mobilisé Kristalina Georgieva, directeur général du Fonds monétaire international (Fmi), David Malpass, président du groupe de la Banque mondiale, Serge N’guessan, directeur général du bureau Afrique centrale du groupe de la Banque africaine de Développement (Bad), Emmanuel Moulin, directeur général du Trésor français, le Pr. Daniel Ona Ondo, président de la Commission de la Cemac et Abbas Mahamat Tolli, gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale.  Dans la délégation camerounaise, on notait la présence de Samuel Mvondo Ayolo, ministre-directeur du Cabinet civil de la présidence de la République et des ministres Lejeune Mbella Mbella (Relations extérieures), Louis-Paul Motazé (Finances) et Alamine Ousmane Mey (Economie, Planification et Aménagement du Territoire). Avant de se déconnecter au terme de ces échanges en ligne, les cinq chefs d’Etat et le Pm du Congo ont adopté vingt-quatre mesures visant à juguler les crises sécuritaire, sanitaire et économique dans la sous-région. 
 Plus tôt en début d'après-midi, les travaux ont été ouverts par le président en exercice de la Cemac. Dès 14h, Paul Biya a démontré son aisance dans la maîtrise de cette nouvelle expérience de communication imposée par la crise sanitaire.  Après les vérifications d’usage des connexions des autres participants, le chef de l’Etat camerounais délivre son discours d’ouverture. L'absence du maréchal tchadien Idriss Déby Itno aura plané tout au long des travaux. Occasion pour le président camerounais de lui rendre hommage pour « son engagement panafricain exceptionnel, sa défense des causes de notre communauté et son rôle décisif en faveur de l'intégration sous régionale ».    
Après avoir dressé l'état des lieux de l'économie de la sous-région depuis la survenue du Covid-19, le président en exercice de la Cemac rappelle que cette pandémie a charrié « l'extrême pauvreté et les vulnérabilités qui ont rejailli brutalement dans notre espace communautaire ». Une crise qui, selon Paul Biya, compromet les projections pour l'émergence de la sous-région. Et même si les pays de la Cemac ont réussi à travers leurs plans de riposte contre cette imprévisible crise sanitaire, à faire mentir les prédictions apocalyptiques de certains scientifiques, Paul Biya appelle les Etats à observer la vigilance et à rester mobilisés. Pour lui, le salut de la Cemac passe par la vaccination pour endiguer la pandémie. Mais pour y arriver, l'Afrique doit avoir un large accès équitable au vaccin. Sinon avec moins de 5% d’Africains vaccinés actuellement, il est illusoire d'arriver à l'immunité collective.
Réformes structurelles
A l’ouverture et à la clôture des travaux,  Paul Biya a insisté sur la construction « d’une croissance forte, durable et inclusive en mettant au centre de nos préoccupations le bien-être de nos concitoyens ». Il faut pour cela accélérer le rythme de mise en forme des réformes structurelles afin de retrouver la vitalité économique. Il faut également améliorer le climat des affaires pour permettre au secteur privé de s'impliquer davantage dans la relance de la croissance. Cette dynamique passe aussi par la transformation digitale et la transition industrielle pour tourner la page de la success story des matières premières. Paul Biya reconnaît que les résultats des réformes structurelles sont mitigés et fragilisés par la crise sanitaire. C’est pourquoi il prescrit une accélération et de la vigueur pour leur mise en œuvre. Pour tous ces défis qui interpellent la Cemac, il compte sur un atout majeur de la sous-région : la solidarité. C’était le maître mot à la fin du rendez-vous de Yaoundé.

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