logements estudiantins : les loyers divisent

Etudiants et bailleurs sont à couteaux tirés depuis le rappel à l’ordre du ministre de l’Enseignement supérieur la semaine dernière.

Lieu-dit Bonas à Yaoundé. Il est 9h ce 11 septembre 2021. Difficile de circuler dans cette zone à forte concentration estudiantine. La fine pluie qui s’abat sur ce quartier rend l’accès difficile. Entre rigoles, tas d’ordures et broussaille, les locataires vaquent à leurs occupations. Etudiante à l’Institut des Relations internationales du Cameroun (IRIC), Claire Ogodego loue depuis quatre ans, une chambre au sein de la cité baptisée Jackson II. Logement bâtit à quelques encablures de l’Université de Yaoundé I. Cette dernière est à la recherche d’eau, pour nettoyer sa chambre inondée par les déjections des voisins. Un phénomène qui se reproduit chaque semaine. « La plomberie ne fonctionne pas depuis une éternité. Et tout ce que mes voisins déversent à partir de chez eux, ressort chez moi. Le bailleur m’a fait savoir que s’il fait des aménagements, il augmente le loyer de 13 500 à 20 000 F », confie-t-elle. 
La situation est davantage critique du côté de Brother City. Ici, 20 chambres semblent avoir été construites dans un marécage. Les eaux souillées se sont emparées de la cour. Les murs et vérandas sont toutes fissurées et délavées. Pas d’eau, encore moins d’électricité. Les locaux semblent inhabités. Pourtant, étudiants et non étudiants y vivent et paient de 8 000 F chaque mois soit, 96 000 F par an. Ici comme ailleurs, l’état des logements est au centre des conflits entre bailleurs et locataires. « Comme le propriétaire refuse depuis des années d’effectuer des rénovations, nous avons aussi décidé de ne plus payer le loyer », lance un locataire en colère. Plusieurs descentes ont été effectuées par les responsables de l’Association pour la défense des étudiants du Cameroun (Addec), sans effet. Les deux parties ont à présent le regard tourné vers le Centre des œuvres universitaires de Yaoundé I.         
La surenchère des loyers est également observée du côté de l’Université de Yaoundé II-Soa, d’après une note d’information signée de l’Addec. Le standing est certes appréciable par rapport à ceux de Yaoundé I, mais des loyers vont de 10 à 40 000 F au lieu de 7 à 30 000 F, d’après la réglementation en vigueur. Même cas de figure à l’Université de Douala. Là-bas, les coûts des chambres varient entre 12 000 et 35 000 F, au lieu de 23 000 F. L’Addec dénombre dès lors 35% de non-étudiants au sein du campus I au lieu-dit Ange Raphael. La demande en logements est sans cesse croissante à l’Université de Ngaoundéré. De 12 à 40 000 F, les logements situés dans les quartiers de Dang, Manwi, Bini et Malang se paient par an. A l’Université de Dschang, la forte présence des étudiants ressortissant des régions en crise augmente la demande et favorise l’inflation des loyers. Les prix des logements varient entre 8 et 40 000 alors que la grille tarifaire parle de 4 000 à 17 000 F.  
 

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