Météo : les riverains dans l’incertitude

L’évolution de cette saison des pluies est scrutée avec angoisse par les habitants de Douala.

« Il y a une petite rivière en bas ! » Mélanie M. n’est plus vraiment surprise d’entendre ces mots dès qu’il y a une pluie torrentielle. Elle a beau ne pas être à Douala III et V, les arrondissements continentaux habituellement les plus touchés par les inondations dans la cité économique, il n’en reste pas moins que dans son coin d’Akwa, où les caniveaux bouchés sont pleins d’eau même quand il ne pleut pas, la moindre forte averse a tôt fait de vous laisser au moins les chevilles trempées. Alors, ce déluge de samedi 18 au dimanche 19 septembre 2021 ne la rassure pas vraiment, surtout qu’elle a une sortie familiale urgente le matin.
L’angoisse de Mélanie est partagée par Christelle N., habitante du quartier Bonamoussadi. Elle ne s’est toujours pas remise de la pluie du 15 au 16 septembre dernier et de ses conséquences. En effet, alors qu’elle avait jugé la pluie, bien que violente, de courte durée, Christelle a été surprise par la montée des eaux au matin, qui avait coupé plusieurs axes à Douala V et III, et créé d’énormes bouchons. « Je n’ai pas pu aller au travail. Ça ne circulait nulle part. J’ai souffert deux heures sur place dans ma voiture. Mon carburant, le stress ! J’ai pu m’extraire de là et je suis rentrée chez moi. J’ai appelé mes chefs et je me suis mise en télétravail », explique-t-elle.
Le Dr Raphaël Onguene, chercheur-expert et investigateur principal du projet « Douala ville durable », revient lui aussi sur cette pluie de mercredi à jeudi dernier et donne les estimations de l’observatoire environnemental du Tongo-Bassa, le plus grand bassin versant de la cité économique, avec pratiquement 40km² de surface drainée : des cumuls de 200 millimètres de précipitation en cinq heures. Il annonce dans les prévisions au moins deux autres inondations majeures dans la ville d’ici la fin de la saison des pluies. Et se projette : « Le problème maintenant, c’est de contrôler quel sera le niveau de dommages des deux inondations qui arrivent. En fonction de la marée, de la durée de la pluie et de son intensité. »
Pas de quoi rassurer Anselme D., cadre dans une entreprise de la place, qui a une vision très pessimiste de l’avenir : « A ce rythme-là, dans quelques années, tout Douala va disparaitre sous l’eau. » Il dénonce notamment l’incivisme de certains habitants et personnes morales, non seulement ceux qui construisent sur les drains comme à Bonapriso, mais aussi ceux qui font dangereusement reculer le Wouri de partout. Les conséquences, Anselme les connait. Lui dont la sœur avait pris une maison pas très loin du fleuve à Deido. L’eau sortait du sol. Et le bailleur avait déjà empoché ses dix mois d’un loyer particulièrement bas.

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category