Pollution du fleuve Wouri : le poisson en voie de disparition

Le Gic « Quai de Bonassama » a organisé une journée de sensibilisation mercredi à Douala IV pour attirer l’attention sur ses difficultés.

Ce mercredi 13 octobre 2021 était journée de sensibilisation pour les membres du Gic « Quai de Bonassama » à Douala IV. Un Groupement d’initiative commune composé de pêcheurs et de revendeuses de poisson exerçant au débarcadère de Bonassama. La sensibilisation concernait notamment les méfaits de la pollution du fleuve Wouri sur l’activité économique des membres du Gic. Le groupement a ainsi constaté la rareté et la mauvaise qualité des poissons le long du fleuve. Une situation liée à plusieurs causes, soulignées par le président de « Quai de Bonassama » : l’utilisation des produits toxiques ; la destruction de la mangrove ; la présence de billes de bois ou coupes de bois sur le Wouri ; la pollution de l’eau par la présence de substances huileuses ; l’envahissement de la jacinthe d’eau qui réduit l’espace de pêche, etc.
Il s’agissait donc, à travers la journée de sensibilisation, de souligner l’impact des revendeuses dans la chaîne d’approvisionnement du poisson auprès du consommateur final. Elles sont notamment celles qui ont constaté les dégâts causés par la pollution de l’environnement du fleuve sur la quantité et la qualité des poissons qu’elles achètent auprès des pêcheurs. Autre enjeu de l’opération de ce 13 octobre 2021, attirer l’attention du consommateur final sur l’importance de s’interroger sur la quantité et la qualité des poissons issus du fleuve. Il était aussi question de mettre en lumière la réalité des pratiques de pêche (artisanale comme industrielle) le long du fleuve et leur incidence sur la population riveraine.
Les acteurs de l’initiative étaient donc porteurs de plusieurs messages visibles lors de la sensibilisation : « Un Wouri sain, un poisson sain », « Non à la pollution du fleuve Wouri », « Non à l’utilisation des produits toxiques », « Oui, protégeons la mangrove ». Parmi ces acteurs, il y avait Oscar Dibongo Mpome, pêcheur depuis un demi-siècle dans ces eaux fluviales que borde la cité économique camerounaise, Douala. Il est revenu sur l’évolution de la situation observée aujourd’hui : « Ça fait pratiquement cinq ans que nous subissons cette situation. L’écosystème est en train de changer et on a commencé à avoir une pénurie de poissons. Quand nous parlons de pollution, il y a tous les drains de la ville de Douala qui déversent leurs eaux usées dans le Wouri. Il y a l’excès de plastique qui fait que quand vous lancez la ligne, l’appât est couvert par ces déchets-là. » Le Gic entend multiplier les sensibilisations de ce genre.

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