Biodiversité : la production rurale, facteur de dégradation

Conclusion d’une étude réalisée dans le cadre du projet Biodev 2030 piloté par le ministère en charge de l’Environnement et dont le rapport vient d’être présenté à Douala.

D’après les résultats d’une récente étude, la production rurale a été identifiée comme responsable de l’érosion de la biodiversité. Son impact sur la réduction du couvert végétal est estimé à plus de 82%. Elle est secondée par l’exploitation forestière, dont l’impact est évalué à 8,52%, suivie de l’agro-industrie avec 7,37%. L’extension urbaine quant à elle a un impact de 0,47%. Ces données montrent l’impact de ces divers secteurs sur la biodiversité. Et le Littoral n’échappe pas à ce phénomène.
En effet, la région abrite un des grands bassins de production rurale du pays. Sans compter les agro-industries et l’exploitation forestière. « Il n’y a pas d’étude cohérente inclusive qui fait le point sur l’impact de chaque secteur dans la dégradation de la biodiversité que nous constatons. Quel est le rythme d’extinction des espèces ? Quels habitats sont les plus menacés ? Quand tout cela sera mis au point, on pourra mettre en place un véritable cadre qui apportera des réponses appropriées à cette dégradation ». Propos du Sg du Minepded, Pr Paul Tchawa, lors d’un atelier présentant l’étude susmentionnée le 6 octobre dernier à Douala.
Parlant du Cameroun, la directrice nationale du Fonds mondial pour la nature (Wwf-Cameroun), Clotilde Ngomba a indiqué que Biodev 2030 se donne pour mission « d’accompagner le gouvernement dans la sensibilisation des acteurs sur la nécessité de préserver notre biodiversité et l’importance de prendre des engagements volontaires et significatifs pour sa préservation ».
La deuxième réunion de la Task force du projet Biodev2030, tenue du 6 au 7 octobre dans la capitale économique, visait également à proposer des solutions pour limiter l’érosion de la biodiversité. On y apprendra que, contrairement à la perception populaire, les agro-industries apparaissent pro conservation de la biodiversité. Idem pour l’exploitation minière artisanale, dont le taux d’érosion de la biodiversité est évalué à 0,02%.
Au cours des travaux, il s’est agi également de réfléchir en termes de conciliation conservation-développement. L’inspecteur n°1 du Minepded, John Gounes Tougoulou, a souligné qu’il faut disposer d’outils factuels permettant de défendre les intérêts du pays lors de discussions à l’international. Le groupe de travail a décidé de mettre sur pied une équipe technique ad-hoc chargée de finaliser l’argumentaire stratégique qui appuiera le classement des secteurs prioritaires validés. Par ailleurs, la production rurale, l’agro-industrie et le secteur des infrastructures ont été retenus pour une étude diagnostique plus approfondie. L’initiative Biodev 2030 est financée par l’Afd et WWf France.

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