Promotion de l’import-substitution : les premiers pas

Cette politique prônée depuis l’an dernier par le gouvernement pour renforcer la production locale prend progressivement ses marques.

Pour cette année 2022, le Cameroun, engagé depuis l’exercice précédent dans l’implémentation de la politique d’import-substitution, a pris des engagements pour véritablement la mettre en place. 
Les objectifs
Il est question, depuis la loi de finances 2020, d’implémenter des mécanismes visant à développer et encourager la transformation locale des produits du terroir. L’exonération des droits et taxes douaniers pour les équipements et intrants destinés à l’agriculture, à l’élevage, à la pêche et à l’industrie pharmaceutique est l’un de ces mécanismes. L’instauration des droits d’accises sur les denrées qui peuvent être produites au Cameroun est également de mise. Tout comme sont attendues, des mesures de contingentement ou de restrictions sur les quantités de certains produits à importer, limitant ainsi les importations et la sortie des devises qui pourraient être affectées à l’industrie locale. Surtout que le secteur privé, notamment dans le domaine de l’agro-industrie, se montre prêt à investir dans ce sens, une fois que les transformations nécessaires auront été opérées. Notamment la mise en branle du plan de relance de la production locale à grande échelle du riz, poisson, lait, blé, etc. produits qui contribuent à creuser le déficit de la balance commerciale. D’ailleurs, dansson message à la nation le 31 décembre dernier, le président de la République a invité les Camerounais à produire plus. « Nous devons nous atteler à réduire nos importations et à accroître le volume de nos exportations en augmentant la production locale, si  nous voulons relever le défi de la croissance », a martelé Paul Biya.  
Les mécanismes
C’est ainsi que dans la loi de finances encadrant le budget de l’exercice en cours, des mesures spécifiques ont été prises, principalement sur le plan de la fiscalité de porte. Elles portent pour l’essentiel sur le soutien aux secteurs prioritaires de l’agriculture, de l’élevage, de la santé humaine et animale ainsi qu’à la transformation locale poussée du bois. Des mesures mentionnées dans l’article 5 de la loi de finances 2022, avec pour objectif d’infléchir le recours aux importations et renforcer l’offre agricole et sanitaire nationale ainsi que l’autosuffisance alimentaire et en produits de grande consommation. Comme le soulignait encore le ministre des Finances à Garoua le 5 janvier dernier en lançant le budget, la politique d’import-substitution sera poursuivie de manière intensive cette année, en donnant aux producteurs locaux « les marges de manœuvre nécessaires à une production locale massive, rentable et à la portée du consommateur », a précisé Louis Paul Motaze. 
Le contexte
Dans un contexte où les prix des produits de grande consommation (denrées alimentaires de première nécessité, matériaux de construction, etc.) ne cessent de grimper, du fait des perturbations de la chaîne logistique et de la hausse des coûts du fret maritime, il est plus urgent de prendre le taureau par les cornes. En attendant que la production et la transformation locale rencontrent un environnement plus propice à l’éclosion du potentiel,  l’Etat a par exemple décidé, en fin 2021, d’alléger la tâche aux importateurs, en réduisant de 80%, le montant du f...

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