Fusion CEMAC-CEEAC : on se hâte lentement

Pas plus tard que le mois dernier, le conseil des ministres du Comité de pilotage de la rationalisation des communautés économiques régionales (CER) en Afrique centrale, regroupant les ministres en charge de l’économie, des finances et des questions de dé

Parmi ces documents, le traité constitutif, la convention régissant la Cour de justice et des droits de l’Homme, la convention régissant le Parlement ainsi que le protocole régissant la Haute autorité monétaire de l’Afrique centrale. Autour de la table, les représentants des 11 pays membres des deux CER (Angola, Burundi, Rwanda, Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, République Démocratique du Congo, Sao Tomé et Principe, Tchad), mais aussi le président de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), le Pr. Daniel Ona Ondo et des représentants des commissions de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) et de l’Union africaine.
Au moment où ces travaux se déroulaient, l’on se réjouissait déjà des avancées visant à rapprocher davantage ces deux communautés situées dans la partie centrale de l’Afrique. Au tableaux des actions menées, on peut citer l’édification d’une zone de libre-échange unique par l’unification des zones de libre-échange de la CEEAC (plus de 218 millions d’habitants) et de la CEMAC (52 millions d’habitants), l’élaboration et la validation d’un tarif extérieur commun à 11 Etats ainsi qu’un code des douanes. Des actes qui, de l’avis du représentant du président dédié à la rationalisation, rapprochent inéluctablement de l’objectif qui est de créer une nouvelle Communauté économique régionale en Afrique centrale. Mais beaucoup restait encore à faire, notamment au sujet de la monnaie, pour faciliter les échanges. En effet, à date, six monnaies différentes sont utilisées par ces 11 Etats qui souhaitent unir leur destin. Et ici aussi, il est envisagé une fusion monétaire qui passerait par la mise en place d’une banque centrale commune et d’une monnaie unique. Le préalable a consisté en la mise en place d’un conseil des gouverneurs des banques centrales qui va faire des propositions dans ce sens.
Seulement, tout ne semble pas encore calé pour que cette fusion soit effective. A l’observation, le principal obstacle réside dans des idées conservatrices ou des élans égoïstes de part et d’autre. Le mois dernier par exemple à Yaoundé, le représentant du président de la Commission de la CEEAC, Abraham Rock Okoko Esseau pensait encore que la meilleure option à envisager pour la fusion des deux communautés étant celle « d’une rationalisation par l’absorption de la CEMAC et de la Communauté économique des pays des grands lacs. » En d’autres termes, la CEMAC et la Communauté économique des pays des grands lacs devraient disparaître et se fondre dans la CEEAC. De son point de vue, certainement partagé par des responsables de la CEEAC, une « rationalisation privilégiant la convergence des politiques et programmes, a plus de chance de réussir, face à la multiplicité des parcours historiques et politiques particuliers auxquels il faudrait être sensible, si l’on veut éviter d’introduire le germe de la rupture et de la division dans la région. Ce qui conduirait à la paralysie, et à terme, à la destruction de notre union ». Pourtant, le mandat qui a été confié au comité de pilotage est bien la mise en place d’une nouvelle Communauté économique régionale devant remplacer la CEMAC et la CEEAC, et non une fusion-absorption.
Et malgré ces sons discordants, les membres du comité de pilotage se sont séparés à Yaoundé avec ce qu’on pensait être du concret : des projets de textes à soumettre au président camerounais Paul Biya, président dédié à la rationalisation, afin qu’il en discute avec ses pairs, mais aussi des propositions de noms de ...

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