Conflits en Afrique : le plaidoyer de Paul Biya

Nantie de ressources naturelles et humaines inestimables, et dotée d’un énorme potentiel économique et social inexploité, l’Afrique peine à décoller économiquement à cause de nombreux conflits et crises qui compromettent son dynamisme. Aux luttes d’indépendance des années 50 et 60, se sont succédé des conflits politiques et des guerres civiles qui absorbent l’essentiel des ressources mobilisées par les Etats. Selon un décompte effectué par des cabinets spécialisés, 32 conflits armés ont été recensés dans le monde en 2021, dont 15 en Afrique, soit 47% des zones conflictuelles. Dans la même période, l’Afrique a été la région du monde traversée par le plus grand nombre de crises sociopolitiques. Aucune partie du continent n’est épargnée par ces tensions qui tirent le continent vers le bas. La chute de Mouammar Kadhafi en 2011 n’a fait que désintégrer et partitionner un pays qui était présenté comme l’un des modèles en matière de développement en Afrique. La Corne de l’Afrique a été secouée depuis deux ans par la crise née de la tension entre l’Ethiopie et sa province du Nord, le Tigré. Malgré les accords de paix intervenus en novembre 2022 en Afrique du Sud et au Kenya, entre le gouvernement fédéral et les rebelles du Front populaire de libération du Tigré, la situation demeure préoccupante. Tout à côté, la Somalie ruinée par plus de trente années de guerre civile, tente de se relever péniblement avec un gouvernement qui s’échine à étendre son autorité au-delà de Mogadiscio la capitale du pays.  Au Soudan et au Sud-Soudan, la paix demeure précaire. En Afrique de l’Ouest, la valse des coups d’Etat aboutis intervenus au Mali, au Burkina Faso et en Guinée fait planer la hantise des vieux démons. Dans la région des Grands Lacs, la RDC et le Rwanda sont quasiment sur le pied de guerre par le groupe rebelle du M23 interposé. Ce mouvement rebelle soutenu selon Kinshasa par Kigali opère dans la région congolaise du Nord-Kivu. En Afrique centrale, malgré le fonctionnement des institutions tout au moins autour de la capitale politique du pays, on observe un état de ni guerre, ni paix en République centrafricaine. La bande sahélo-saharienne et le Bassin du Lac Tchad font fait face au terrorisme. La même menace est observée dans le nord du Mozambique.
Au Cameroun, le gouvernement continue de déployer d’inlassables efforts pour ramener la paix dans les deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en proie aux velléités sécessionnistes depuis 2017. Les mêmes efforts commencent à produire des effets positifs dans la région de l’Extrême-Nord secouée depuis 2014 par les attaques de la secte terroriste Boko Haram basée au Nigeria voisin.
Si on ajoute à ces préoccupations sécuritaires, les conséquences néfastes du Covid-19, de la guerre russo-ukrainienne et du réchauffement climatique avec son lot de sécheresses et d’inondations, on peut être tenté de dire comme René Dumont que l’Afrique est mal partie. Mais ces chocs en série peuvent mieux être adressés si la communauté internationale leur accorde une attention soutenue et sincère. C’est le sens du plaidoyer du président de la République dans sa réponse aux vœux du corps diplomatique vendredi dernier au Palais de l’Unité. Devant les chefs de mission diplomatique et les représentants des organisations internationales accrédités à Yaoundé, Pau...

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