Interview : « Ces fonds permettront de financer des projets d’intérêt général »

Richard Evina Obam, Directeur général de la Caisse des dépôts et consignations du Cameroun.

 

Monsieur le Directeur Général, comment évaluez-vous l'opérationnalisation de la Caisse des dépôts et consignations, plus d'un an après le début du processus ?
Le processus d’opérationnalisation de la Caisse des dépôts et consignations (CDEC) a débuté le 20 janvier 2023, à travers la nomination des principaux dirigeants par le président de la République, notamment le président du conseil d’administration, le Directeur général et le Directeur général adjoint. À ce jour, on peut estimer que le niveau d’avancement du processus est satisfaisant. En effet, en moins de 18 mois, l’on peut citer de façon non exhaustive les réalisations ci-après : le Conseil d’administration a été mis en place et il a tenu quatre sessions ;  la Commission interne de passation des marchés a été mise en place ; un immeuble siège a été acquis (sous forme de bail), aménagé et équipé ; les responsables de la CDEC ont prêté serment en tant que porteurs de contraintes devant les juridictions compétentes ; les textes internes ont été élaborés et adoptés par le Conseil d’administration (plan stratégique triennal 2023 – 2025, organisation interne et cadre organique, statut du personnel, règlement intérieur, code d’éthique et de déontologie) ; quatre textes d’application de la loi et du décret régissant la CDEC ont été élaborés et signés par les autorités compétentes (un décret du Premier ministre, deux arrêtés du ministre des Finances et une convention administration du Trésor – CDEC) ; la sensibilisation des acteurs détenteurs des fonds et valeurs dévolus à la CDEC et la signature des conventions de partenariat avec ces acteurs ; les transferts effectifs des ressources dévolues à la CDEC par certains acteurs ; etc.

 

Quid de la mobilisation des ressources qui est votre cheval de bataille en ce moment ?
La mobilisation des ressources constituait l’un des principaux objectifs de ce processus d’opérationnalisation. À ce titre, et afin de faire intégrer la CDEC sans heurt dans le paysage institutionnel et financier, une démarche participative a été adoptée en privilégiant les concertations avec les établissements bancaires, les compagnies d’assurance, les professions judiciaires, les professions portuaires, les concessionnaires de services publics (eau, électricité, téléphonie et habitat), les acteurs des marchés publics, etc. Ces concertations se poursuivent d’ailleurs dans le cadre d’une sensibilisation continue des différents acteurs.

 

En fin 2023, le Premier Ministre a pris un décret fixant les modalités de transfert des fonds et valeurs dévolus à la CDEC. À ce jour, combien d'entreprises ont déjà effectué volontairement les transferts et pour quel montant ?
Plusieurs acteurs ont démontré une citoyenneté exemplaire en transférant spontanément les fonds et valeurs enregistrés dans leurs livres à la CDEC. Après le 31 mai 2024, date limite fixée par le Premier ministre, chef du gouvernement, dans son décret du 1er décembre 2023, la CDEC a reçu plusieurs dizaines milliards de F provenant d'une vingtaine d'acteurs, parmi lesquels le Trésor public, la direction nationale de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), certains établissements de crédits, des compagnies d'assurance et les sociétés de téléphonie.

 

Il y en a qui traînent encore les pieds, usant, pour emprunter vos propres mots, d’arguments spécieux. Est-ce à dire que votre approche participative est à revoir ?
Certes, certains acteurs invoquent des arguments fallacieux pour éviter de transférer à la CDEC les fonds et valeurs qui lui reviennent légitimement. Néanmoins, nous pensons que l’approche participative prônée ne doit pas être remise en question. Il est important de souligner que nous évoluons dans le cadre d'une réforme, et la mise en œuvre de celle-ci requiert du temps pour être pleinement acceptée par l'ensemble des parties prenantes et pour porter tous les fruits attendus. A cet effet, je félicite tous les établissements de crédits citoyens qui se sont conformés aux lois et règlements de la République du Cameroun en transférant les fonds et valeurs à la CDEC. Leurs efforts et engagement démontrent clairement une volonté de faciliter le processus d’opérationnalisation de la CDEC. Je profite de cette occasion pour inciter tous les retardataires qui adoptent des comportements inciviques à adhérer à la réforme en suivant l'exemple des acteurs ayant déjà effectué les transferts prévus par les lois et règlements de la République.
Maintenant que la phase de transfert volontaire est achevée, comment comptez-vous contraindre les retardataires à effectuer les transferts ?
Bien que des mises en demeure aient été servies aux retardataires, nous continuons à promouvoir une approche participative, concertée et volontaire. Nous remarquons d'ailleurs que la plupart de ces retardataires sont disposés à se conformer aux lois et règlements en vigueur. Il convient surtout de noter que les lois et règlements de la République ont conféré à la CDEC tous les moyens juridiques nécessaires pour contraindre les récalcitrants. Déjà, la loi du 25 juillet 2023 régissant les garanties et le recouvrement des créances par les entités publiques bénéficiaires du privilège du trésor ainsi que le décret du Premier ministre fixant les modal...

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