Préservation de l’environnement: Les déversements toxiques étouffent le Wouri
Entre écoulements industriels non traités, résidus d’hydrocarbures et espèces invasives apportées par les navires, l’écosystème du fleuve est victime d’un désastre environnemental.
Douala, avril 2026. Le soleil se lève sur le Wouri, mais la brume qui enveloppe le fleuve ne cache plus l'amère réalité. Autrefois source de vie et de légendes, ce couloir stratégique pour les activités portuaires et le commerce international étouffe aujourd'hui sous une chape de substances toxiques. En effet, le fleuve Wouri et ses mangroves, véritables poumons de la région du Littoral et au-delà, sont devenus le réceptacle final de toutes sortes de polluants. Les autorités parlent de « déversements illégaux » et définissent ce crime environnemental comme tout rejet, volontaire ou accidentel, de substances toxiques effectué sans autorisation et au mépris des normes nationales et internationales. Chaque jour, le fleuve doit absorber un cocktail détonant. Les agents du ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement durable (MINEPDED) pointent du doigt les effluents industriels non traités et les boues de vidange domestiques rejetées directement dans les eaux. À cela s'ajoutent les huiles usagées des ateliers mécaniques et des unités artisanales, les produits chimiques dangereux et les dépôts sauvages de déchets solides qui jonchent les berges. Mais la menace vient aussi du large. Le département du Wouri, couloir stratégique pour le commerce mondial, voit défiler des navires qui, parfois, bafouent les conventions internationales comme MARPOL (Marine Pollution). Des résidus d’hydrocarbures, des eaux huileuses et des eaux de cale sont rejetés illégalement, laissant des traces indélébiles sur l'écosystème. Plus insidieux encore, les eaux de ballast non conformes introduisent des agents pathogènes et des espèces exotiques envahissantes qui perturbent durablement les équilibres écologiques. L’une des conséquences les plus visibles de cette pollution est la prolifération de la jacinthe d’eau (Eichhornia crassipes). Ce tapis vert, qui semble coloniser les eaux, est un véritable fléau : il obstrue les voies n...
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