Sahel et Bassin du lac Tchad: Les mutations du terrorisme

Il a été démontré au cours d’une conférence lundi dernier à l’université de Yaoundé II que la radicalisation et l’extrémisme violent exercés par les groupes armés ont viré au crime organisé.

La conférence organisée lundi dernier au campus de l’université de Yaoundé II dans le cadre de la célébration des 20 ans du Master en Stratégie, défense, sécurité, gestion des conflits et des catastrophes (SDSGCC) du Centre de recherche d’études politiques et stratégiques (CREPS) a révélé le nouveau visage du terrorisme dans le Sahel et dans le bassin du Lac Tchad. Avec pour thème : « L’avenir du terrorisme au Sahel et dans le Bassin du lac Tchad », cet échange scientifique a permis de faire ressortir que cette menace connaît une mutation au fil des ans. Ce qui se manifestait par le passé par une radicalisation et un extrémisme violent menés par les groupes armés dans ces deux espaces géographiques, s’est progressivement mué en crime organisé. En présence d’un important parterre d’enseignants, de chercheurs, d’officiers de l’armée et d’étudiants, le Pr. Saïbou Issa, directeur de l’Observatoire du crime organisé et de la violence en Afrique centrale, et conférencier du jour, a démontré scientifiquement que les terroristes sont monté d’un cran dans leur mode opératoire. Le discours idéologique d’hier contre le modèle occidental a laissé la place à la conquête des ressources, de nouveaux territoires et au prélèvement des taxes menés par des organisations économiques criminelles bien structurées. « Ils ont glissé vers le crime organisé, tandis qu'on continue à mener la lutte sous le format de la lutte contre la radicalisation, contre l'extrémisme violent plus amplement, en oubliant cette composante importante dont le rôle est déterminant dans la résilience ...

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