Le droit de dire non

Il faut le dire sans détour : nos écrans sont en train de nous voler notre identité. Chaque soir, des millions d’Africains s’enferment dans des téléréalités qui n’ont rien à voir avec leur vie, leurs valeurs, ni leurs combats. On zappe. On clique. On normalise. Et on finit par croire que c’est ça, la norme. Prenez « Qui veut épouser mon fils », version Afrique. Le concept est déjà jugé humiliant ailleurs, mais importé ici, il devient une caricature. Il met en scène des mères, des fils, des prétendantes réduites à des objets de convoitise. On rit, on commente, on partage. On oublie que le mariage n’est pas un jeu télévisé, et que la dignité n’a pas de prime à gagner. Puis vient Le Bachelor, avec ses roses, ses rivalités, ses larmes fabriquées. Derrière le décor doré, on vend l’idée qu’une femme ne vaut que si elle est choisie, disputée, consommée. Et enfin The Real Housewives of Nairobi. Là, on bascule dans l’obscène : opulence ostentatoire, injures en plateau, mégalomanie en boucle. Crier plus fort que sa voisine, exhiber ses sacs, régler ses comptes devant la caméra. Voilà ce qu’on nous présente comme modèle de la femme africaine. Soyons clairs : la mégalomanie n’est pas une tradition africaine. L’injure publique n’est pas notre éducation. L’opulence exhibitionniste n’est pas notre culture. La femme africaine, c’est la bâtisseuse, la gardienne, la transmetteuse. Pas une actrice de scandale sous perfusion de buzz. Même dérive avec Nouvelle Reine. Le titre promet de la noblesse, de la posture, de la responsabilité. À l’écran, on a droit à des conflits, des coiffures et des costumes. Aucune re...

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