Vigilance et action

L e phénomène d’usurpation de titre connaît une certaine ampleur ces dernières années. Il ne se passe pas un mois sans qu’un faux commissaire de police, de faux gendarmes, des hauts-cadres de l’administration qui n’ont de haut que leur sens du vice, ne soient attrapés par les forces de l’ordre. Cette véritable gangrène pousse la justice à plus de vigilance. Sur le qui-vive, les acteurs de la machine judiciaire sont contraints de s’adapter, car pour contrer ces usurpateurs infatigables, il faut être tout aussi intrépides. Leurs plans d’arnaque se diversifient au fil des jours. Des appels téléphoniques, ils sont passés aux réseaux sociaux, plongeant avec appétit dans le vaste océan de victimes qu’ils offrent. Des comptes erronés ficelés sur Fa- cebook, WhatsApp, ou même Instagram, et le tour est joué. Pourquoi est-ce aussi facile pour ces hommes et ces femmes tapis dans l’ombre de semer autant de chaos sur leur passage ? Et le mode opératoire, parfois le même, ne semble pas décou- rager les potentielles proies. C’est que les couloirs de la facilité sont larges et spacieux, et étroite est la route de la droiture. La notion de « réseau » est très ancrée dans la société, et pour avancer, un coup de pouce d’un membre du gouvernement, d’un agent des forces de l’ordre, ou d’un haut fonctionnaire, est toujours le bienvenu. Il est bien content, l’instituteur qui a longtemps cherché l’affectation à Yaoundé de recevoir le coup de fil du « délégué départemental des enseignements secon- daires » n’est-ce pas ? 100.000 F déboursés, et il se voit déjà quitter la zone reculée pour la capitale. Seulement, le désastre est plus grand quand on se rend compte que la personnalité à qui on pensait avoir affaire n’est rien d’autre qu’une illusion. Il faut rester concentré : pourquoi un employeur sérieux deman- derait-il de l’argent...

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