« Condamnés » à être ensemble

Entre la CEDEAO et l’AES, les relations se réchauffent progressi­ vement, après une période « hivernale » caractérisée par des me­ naces et des affronts. Les réalités économiques et sécuritaires qui s’imposent avec les échanges commerciaux, l'interconnexion des marchés côtiers et les menaces terroristes dans le Sahel pous­ sent les deux blocs à éviter un enlisement dommageable de part et d’autre. C’est clair qu’un retour pur et simple du Mali, du Burkina Faso et du Niger au sein de la Communauté n'est pas à l'ordre du jour, mais un rapprochement est incontournable et un dialogue institutionnel amorcé. Les deux parties ont convenu de travailler sur un « accord-cadre » pour définir les bases d'une future coo­ pération, notamment sur les plans sécuritaire et économique. Cette dynamique de décrispation a été encouragée par le Sénégal (dont le président assure la présidence en exercice de la CEDEAO) dans une optique de pragmatisme régional. Le traumatisme des sanctions économiques avec la fermeture des frontières, le gel des avoirs financiers et les embargos imposés par la CEDEAO ont été vécus comme une tentative d'asphyxie de l’AES. Ses dirigeants accusent la CEDEAO d'être instrumentalisée par des puissances occidentales. Le souvenir de la menace bran­ die par la CEDEAO d'intervenir militairement au Niger pour rétablir le président Mohamed Bazoum en 2023 a définitivement rompu le lien de confiance sécuritaire. L'AES reproche la politique de deux poids, deux mesures à l'organisation régionale, la critiquant de sanctionner sévèrement les coups d...

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