« Nous observons des avancées »
- Par Alliance
- 08 May 2026 08:31
- Likes
Colette Jeannine Ngo Kelbe, épse Minka, Directeur général d’Emploi Service.
Mme le Directeur général, l’État met en oeuvre depuis quelques années des initiatives visant à lutter contre le chômage des jeunes. Quelle appréciation en faites-vous ? Comme tout État conscient des défis qui peuvent freiner ses ambitions de développement, le Cameroun a, ces dernières années, engagé des réformes et mis en place plusieurs initiatives en faveur de l’emploi des jeunes. Des programmes tels que le Plan triennal spécial Jeunes ou les Journées découverte emploi traduisent une volonté réelle d’apporter des réponses structurées à une problématique majeure. Ces efforts sont à saluer, car ils posent des bases importantes et témoignent d’un engagement progressif de l’État à adresser cette question complexe. Toutefois, avec le recul de plus de 30 ans d’expérience dans le domaine de l’emploi, il me semble important de rappeler que « les fruits ne tiennent pas toujours la promesse des fleurs », pour reprendre une expression bien connue. En effet, la question du chômage des jeunes ne peut être abordée de manière segmentée. Elle mobilise des dimensions économiques, sociales, démographiques et même culturelles. Dès lors, l’efficacité des politiques mises en oeuvre doit s’apprécier dans une lecture globale et systémique, intégrant l’ensemble des paramètres qui structurent notre marché du travail. Quelles retombées observez-vous depuis l'implémentation de ces initiatives ? Mon regard est celui d’un chef d’entreprise qui, au quotidien, est en interaction directe avec des jeunes en quête d’opportunités, mais aussi avec des entreprises confrontées à des besoins précis en compétences. Il serait réducteur de dire que rien n’a été fait. Nous observons des avancées, notamment en termes de sensibilisation, de mobilisation de la jeunesse et de promotion de l’entrepreneuriat. Certaines initiatives ont également permis de rapprocher, progressivement, les sphères publique et privée. Cependant, avec beaucoup d’humilité, je dirais que les résultats restent encore en deçà des attentes. Mon analyse va au-delà des dispositifs en eux-mêmes pour intégrer leur appropriation par les bénéficiaires. On note, par exemple, un déficit de communication accessible et ciblée à l’endroit des jeunes, ce qui limite leur adhésion. Les mécanismes existants sont parfois insuffisamment vulgarisés, et leur mise en oeuvre peut donner l’impression de réponses fragmentées face à une problématique globale. Par ailleurs, des facteurs structurants comme l’évolution de notre tissu économique, l’inadéquation entre formation et besoins du marché, ou encore les dynamiques démographiques, viennent atténuer l’impact des efforts consentis. Cela peut parfois donner une perception de résultats mitigés, alors même que des actions importantes sont engagées. Du coup, malgré ces dispositifs, la question du chômage, notamment des jeunes, reste préoccupante… Selon moi, la question du chômage des jeunes ne peut plus être portée uniquement par l’État. Elle nécessite une approche inclusive, impliquant l’ensemble des acteurs : secteur privé, institutions de formation, organisations professionnelles et partenaires spécialisés. Des cadres de concertation existent déjà, et c’est une avancée significative. Toutefois, ces dynamiques gagneraient à être davantage approfondies, structurées et orientées vers des résultats mesurables. Sur le fond, plusieurs défis persistent : le décalage entre les compétences disponibles et les besoins réels des entreprises ; la capacité limitée d’absorption du marché du travail, en lien avec le niveau d’industrialisation ; la structuration encore insuffisante de certains secteurs à fort potentiel ; l’exigence d’expérience professionnelle, souvent difficile à satisfaire pour les jeunes, etc. En renforçant la collaboration avec des acteurs comme les organisatio...
Cet article complet est réservé aux abonnés
Déjà abonné ? Identifiez-vous >
Accédez en illimité à Cameroon Tribune Digital à partir de 26250 FCFA
Je M'abonne1 minute suffit pour vous abonner à Cameroon Tribune Digital !
- Votre numéro spécial cameroon-tribune en version numérique
- Des encarts
- Des appels d'offres exclusives
- D'avant-première (accès 24h avant la publication)
- Des éditions consultables sur tous supports (smartphone, tablettes, PC)



Commentaires