Accès à l’information de qualité : le prix à payer
- Par Jeanine FANKAM
- 02 Oct 2026 06:45
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L es journalistes connaissent la Journée du 03 mai dédiée à la liberté de la presse dans le monde. Il existe une autre qui lui est proche : la Journée internationale de l’accès universel à l’information, proclamée en 2015 par la Conférence générale de l’Unesco et adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies en 2019. Celle-ci est commémorée le 28 septembre et vise à « sensibiliser le public sur l’impor tance du droit fondamental de rechercher, de recevoir et de répandre l’information ». L’édition 2026 a été observée lundi dernier, sans tapage. Cela n’enlève rien à l’importance de cette journée consacrée à la promotion d’une information de qualité, une information puisée à bonne source. Qui pour s’investir au quotidien à l’accès à une l’information de choix, si ce n’est une personne qui en a fait un métier ? Traquer les nouvelles chaque jour, c'est le travail du journaliste. C’est un travail d’investigation, un métier noble, un sacerdoce, une passion. Aller à la recherche des faits a ses exigences : il faut connaître les techniques, se consacrer à la profession, respecter son éthique, connaître sa déontologie. Il faut un vrai engagement pour enquêter au quotidien là où l’actualité se vit, à temps et contre-temps, dans les coins et les recoins, les salons feutrés mais aussi dans les zones de conflit, les quartiers populaires, les hôpitaux, les commissariats afin de recueillir les témoignages indispensables à la compréhension d'un sujet donné. A force d’exercer, on acquiert l’ex périence et la reconnaissance. Forcément. Le thème de l’édition 2026 de la Journée internationale de l’accès universel à l’information est : « Préserver l'intégrité de l'information à l'ère du numérique : le rôle de l'accès à l'information dans la lutte contre le désordre informationnel ». Dans le contexte camerounais, ce libellé tombe à pic. Et s’il fallait, dans le cas d’espèce, souligner les mots-clés, ce serait inévitablement « intégrité de l’information », « lutte contre le désordre informationnel ». Cela suppose une in formation authentique, complète, non biaisée pour éloigner l’amalgame et la confusion. Le pays vient de passer une semaine secouée par une in formation sensationnelle au sujet de quatre « journalistes » qui se sont retrouvés dans un commissariat. Une histoire relayée à la fois par les profanes, les francs-tireurs et les professionnels éprouvés. Chacun y est allé de sa verve, avec une intention mal cachée de créer davantage le buzz que d’informer. Presque personne n’a fait le tour de la question avec le sang-froid exigé pour produire une infor mation complète. Et les récits ont laissé le public averti sur sa soif car toutes les questions essentielles n’étaient pas clairement renseignées dans les multiples productions. Nous ne reviendrons pas sur une nébuleuse qui a provoqué un ramdam des jours durant sans que rien ne soit précis au finish. Dans le vacarme de ces récits concernant des « jour nalistes » soupçonnés de vol, trop de questions sans réponses. Pourtant la recherche de la bonne information commence par les questions-guides : Qui ? Quoi ? Où ? Com ment ? Quand ?... Et se termine par de multiples vérifications. Passons ! De toute façon, le métier ne peut pas continuer d’être un boulevard ouvert à tout le monde. N’importe qui peut se prendre pour un journaliste dans ce pays. Plusieurs individus, mal intentionnés, viennent se pavaner, parfois des miséreux en quête de leur pitance journalière. Il est certain que la quête d’une information de qualité ne peut pas être menée par des personnes qui ne se soucient pas d’apprendre les rouages du métier. Ceux-là, dans plusieurs cas, n’inspirent pas le respect, en tous points de vue. En commençant par la tenue, au sens propre et au sens figuré. Et c’est à dessein qu’un quotidien respecté de la place en avait fait un leitmotiv : « …sérieux dans la tenue ! ». De prime abord, sur les plans physique, moral et scriptural, le journaliste et son journal doivent être respectables. Le journal et son contenu doivent être soignés autant que le professionnel. Aussi vrai qu’on reconnaît le moine par son habit, le journaliste devrait être reconnu par sa moralité. L'habit du moine est un symbole extérieur ...
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