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« Le rapport des Camerounais à la lecture est utilitaire »

24 heures
Alexandra TCHUILEU N. | 25-04-2018 10:36

L'explication

Céline Mandi Penda, responsable de promotion des livres.

Quel est le rapport des Camerounais au livre et à la lecture aujourd’hui ?

Le livre est un outil de mémoire et l’éditeur est l’acteur qui aide à consigner l’histoire, la culture et les projections d’un peuple. Or, nous sommes dans un contexte social et culturel où on célèbre l’oralité. A priori, nous partons sur un postulat fragile pour ce qui est de la relation des Camerounais au livre. Mais, il ne faut pas rester pessimiste dans un contexte où il est nécessaire de développer des stratégies pour stimuler l’intelligence et, par le fait même, notre culture et toutes ses accointances. Tout de même, il y a des statuts sociaux qui obligent le sujet à lire. C’est le cas des étudiants ou des chercheurs. Le livre est leur outil de travail. De même, certains professionnels ont des livres comme outil de travail. Ils sont obligés de l’acheter parce que leur rendement en dépend. Finalement, le rapport des Camerounais à la lecture n’est pas amoureux, il est probablement utilitaire. C’est déjà un pas considérable que les gens aient pour référent le livre dans leurs travaux de recherche ou dans leurs activités professionnelles.

Avec les TIC et leur contingent de facilités proposées, quelles stratégies mettez-vous sur pied pour amener les gens à lire ?

En effet, les TIC imposent aux éditeurs une nouvelle gestion des prestations pour ce qui est de la vente des livres ou de la lecture. Avec la possibilité de passer un message sur les téléphones portables, il nous est plus facile de tenir au courant nos lecteurs des nouvelles parutions. De même, sur les pages Facebook et Twitter, nous faisons des analyses et des commentaires d’ouvrages et parfois, de manière interactive, avec les internautes. Par courriel, il nous est possible de recevoir un manuscrit à éditer et parfois de travailler avec l’auteur jusqu’à la publication de son livre, sans avoir de contact face à face. Les TIC sont donc une aubaine pour rapprocher le livre des lecteurs. Mieux, nous vendons des livres en version numérique.

Face aux défis économiques et culturels (habitudes de lecture peu ancrées), comment l’industrie du livre parvient-elle à tirer son épingle du jeu ?

Avec ces crises, il n’est plus évident pour les Camerounais de faire le sacrifice du choix du livre. Entre payer son loyer ou ses factures et s’acheter un livre, le choix est vite fait. Comme bien d’autres secteurs de production, l’édition souffre de la rareté des moyens de finances. Nous travaillons actuellement à réduire le coût des livres pour redonner un nouveau souffle à ce secteur d’activité. Nous reconnaissons nos situations économiques. Mais nous devons savoir que c’est en lisant que nous trouverons des solutions pour les changer. Le livre devrait rester une priorité dans les choix que nous faisons. C’est certainement le livre, puisqu’il est connaissance, qui nous permettra d’envisager notre vie autrement, et même de trouver les outils de la richesse

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