« Parfois, les fondateurs ont des agendas cachés »
- Par Lucien BODO
- 22 Jul 2026 07:45
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Dr Marie Christine Etembe, enseignante de droit public, Université de Bertoua.
Le ministre de l’Administration territoriale a suspendu d'activités la semaine dernière une associa tion pour des activités contraires à la loi. Une autre association a été mise en garde toujours pour les mêmes raisons. Quelle analyse faites-vous de cette actualité ? L’illégalité peut provenir d'un défaut de procédure ou de fonctionnement. Généralement, ce sont les associations soumises au régime de la déclaration qui sont souvent défaillantes ou qui causent des problèmes plus tard. Et cela se comprend. En fait, la loi leur permet de débuter leurs activités avant de déclarer celles-ci. Il n’en demeure pas moins vrai que les autres associa tions soumises au régime d'autorisation tombent aussi sous le coups de l'illégalité procédurale. L'autre aspect de suspen sion ou de dissolution est le défaut dans le fonctionnement des activités. En effet, le statut de l'association déposé auprès du préfet doit contenir un objet légal. Cette condition liée à l'objet s'est souvent écartée de la loi. Parfois, les fondateurs ont des agendas cachés qu'ils introduisent au cours de leurs ac tivités, et dont l’association a servi d’alibi. Il faut également noter des ma nipulations politiques de certaines as sociations. Des responsables d’une associa tion de défense des droits de l’Homme ont aussi été arrêtées récemment parce qu’ils menaient des activités paramilitaires. Qu’est- ce qui pourraient expliquer la mul tiplication de tels dérapages ? L’exercice des libertés est un droit fon damental qui s’impose même à l’Etat. Particulièrement en ce qui concerne les droits de l’Homme. De ce fait, le contrôle semble souvent moins strict, surtout lorsque le statut de l'association a pré senté des objectifs légaux. L'attention des autorités n'est pas focalisée sur les activités. Parfois, ce sont les inter pellatio...
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