Une offre de paix permanente

Depuis le début de son septennat en cours, le président de la République n’a cessé de multiplier les appels à déposer les armes à l’endroit des jeunes qui ont pris les armes pour combattre leur patrie.  Le 6 novembre 2018, lorsqu’il prête serment, après avoir été plébiscité par 71,28% de ses compatriotes, Paul Biya exhorte les séparatistes des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest à « déposer les armes et à retrouver le droit chemin ». Il cible tout particulièrement « les jeunes qui se sont laissé entraîner dans une aventure sans lendemain ». Cette   offre de paix formulée par le chef de l’Etat camerounais dans son discours d’investiture sera matérialisée moins d’un mois plus tard par la création, le 30 novembre 2018, du Comité national de Désarmement, de Démobilisation et de Réintégration (Cnddr) pour les combattants des zones en conflit au Cameroun. Cette nouvelle structure est missionnée par le président de la République pour accueillir et désarmer les ex-combattants du groupe islamiste Boko Haram et des groupes armés des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, collecter leurs armes, et aider à leur réinsertion dans la vie civile. A travers cette structure qui s’insère dans le processus de dialogue engagé par le gouvernement, Paul Biya souhaite ouvrir ainsi une porte de sortie honorable à ces ex-combattants ainsi qu’une perspective de réinsertion sociale. Et depuis trois ans, plusieurs centaines d’ex-combattants ont abandonné la brousse et déposer les armes pour répondre à l’offre de paix du chef de l’Etat. Certains d’entre eux ont même eu la chance de s’insérer dans le monde socio-professionnel. Les centres régionaux du Cnddr de Buea, Bamenda et Mora sont opérationnels et accueillent chacun à son rythme, les repentis qui sont immédiatement pris en charge.
 Cette main tendue du chef de l’Etat est restée permanente dans la plupart de ses adresses à la nation. Dans son message à la jeunesse le 10 février 2020, soit juste au lendemain des élections législatives, il a de nouveau invité les jeunes des deux régions anglophones à déposer les armes. Il avait précisément ciblé « ceux qui se sont laissés enrôler dans des bandes armées et qui continuent d’entretenir un climat d’insécurité dans ces deux régions doivent déposer les armes, à l'exemple de ceux, nombreux, qui l'ont déjà fait et qui vivent tranquillement au sein de nos communautés ». Le 31 décembre dernier, il est allé puiser dans le même registre ...

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