Dérive égoïste

C’est pour des personnes à revenus modestes, incapables de se loger sur le marché privé notamment dans des habitations de 200 ou 300 000 F que ces cités ont été construites par l’Etat du Cameroun. Avec des loyers pour la plupart abordables, les logements de la Société immobilière du Cameroun (SIC) devaient permettre à la cible de vivre dans un cadre décent, tout en subvenant aux autres besoins quotidiens. Notamment l’éducation des enfants, la santé, l’alimentation, le transport…, sans risque de sombrer dans la mendicité ou la corruption du fait des difficultés de la vie. 
Mais avec le temps, l’objectif visé par l’Etat camerounais a été dévié par certains qui s’y retrouvent alors qu’ils ont un salaire avoisinant ou dépassant même les 500 000 F. Non seulement, ces personnes « nanties » ont investi ces cités qui ne leurs étaient pas destinées, en plus, beaucoup ne paient pas le loyer. Le communiqué récemment rendu public par le directeur général de la SIC, fait état de près de 500 locataires insolvables et 431 millions de F d’impayés.  Certains de cette liste doivent plus de 66 millions de F à la SIC. Ce qui équivaut sans aucun doute à plusieurs années sans avoir à payer le loyer. C’est vrai qu’il y en a qui ont été diminués par des problèmes, des deuils, mais passer des années sans rencontrer le bailleur, semble inconcevable.
Même si ces logements ont pour l’ensemble pris un coup de vieux, il n’en demeure pas moins que l’Etat a investi d’importantes sommes d’argent pour les construire à Yaoundé, Douala et dans certaines autres villes du pays. Et au quotidien leur entretien coûte également. Y passer plusieurs mois ou des années sans régler sa facture, c’est mettre en difficulté l’Etat qui a également besoin de ces fonds pour le fonctionnement ou pour lancer de nouveaux projets de logements sociaux. C’est également pénaliser ceux qui sont effectivement dans le besoin et qui...

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