Vente des terres dans le Nord : le Minat recadre les chefs traditionnels

En visite de travail dans la région mercredi dernier, Paul Atanga Nji a mis en garde ceux qui se livrent à des transactions foncières illicites.

« Les terres appartiennent à l’Etat. Il a un droit de préemption sur ses terres. Le chef de l’Etat a de grands projets, pour toutes les régions. Il faut de l’espace pour réaliser ces projets comme ceux de la CAN ici à Garoua ». Ainsi s’adressait mercredi dernier le ministre de l’Administration territoriale aux chefs traditionnels des trois arrondissements de Garoua et à ceux du Mayo-Hourna. Devant ces gardiens de la tradition emmenés par le lamido de Garoua, Sa Majesté Ibrahim Souleymanou El Rachidine, Paul Atanga Nji s’est montré remonté contre ceux qui se font du beurre dans la vente de terrains. Ici comme ailleurs, les chefs traditionnels forment le gros de l’effectif des justiciables qui sont traînés devant les juridictions pour « escroquerie foncière » ou « pour transactions foncières illicites ». Le Minat a révélé que dans la région du Nord, les chefs traditionnels sont impliqués dans 179 dossiers judiciaires traitant de litiges fonciers
C’est inadmissible, estime-t-il, en indiquant qu’il est régulièrement interpellé et intervenu pour plaider la relaxe ou la libération sous caution de certains chefs poursuivis devant les juridictions du pays. « Certains vendent jusqu’à 20 ou 30 hectares à un seul individu. Un chef traditionnel n’a pas de terres à vendre », rappelle le Minat. Pour mettre fin à cette dérive qui prend de l'ampleur, il a prescrit aux autorités administratives de sensibiliser les chefs et de leur rappeler leurs limites en matière de gouvernance domaniale. Le ministre a insisté sur la nécessité de respecter et de sanctuariser les réserves foncières constituées afin de permettre à l’Etat de réaliser ses grands projets pour améliorer les conditions de vie des populations. Il a invité les chefs à s’imprégner de la procédure de vente, d’attribution ou de cession des terrains, selon qu’il s’agit des domaines public, privé de l’Etat ou du domaine national.
La création anarchique de chefferies traditionnelles a constitué la deuxième articulation de la rencontre du Minat avec les chefs traditionnels. Paul Atanga Nji indique qu’ici comme ailleurs, plusieurs nouvelles chefferies ont vu le jour alors que le président de la République avait suspendu la création de nouvelles institutions traditionnelles. Et de rappeler que seuls ceux qui sont détenteurs d’actes d’homologation dûment délivrés par l’autorité compétente peuvent se prévaloir de ce titre. En présence du gouverneur, Jean Abate Edi’i, et du préfet de la Bénoué, Oumarou Haman Wabi, le membre du gouvernement a surtout élaboré sur l’importance et la haute estime que le chef de l’Etat accorde à l’institution traditionnelle. Il en veut pour preuve le décret présidentiel du 13 septembre 2013, fixant les montants des allocations mensuelles accordées aux chefs traditionnels de 1er, 2e et 3e degrés. Selon l’article 22 de ce décret, les chefs traditionnels perçoivent mensuellement des allocations dont les montants sont fixés à 200 000 F (chefs de 1er degré), 100 000 F (chefs de 2e degré) et 50 000 F (chefs de 3e degré). 
 

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