Lutte contre les faux médicaments : changement de tactique

Une batterie de mesures présentée hier à Yaoundé au cours d’un point de presse par le ministre de la Santé publique.

A l’occasion de la Journée africaine de lutte contre le faux médicament, le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, a présenté hier, au cours d’un point de presse, de nouvelles stratégies visant à combattre le fléau. En effet, il devient impératif de trouver les voies et moyens pour un meilleur accès aux médicaments et aux produits médicaux de qualité au Cameroun. Selon le ministre, le fléau du faux médicament continue ses ravages au sein des populations en s’intensifiant. A ce titre sept stratégies visant à inverser la courbe ont été présentées par le ministre de la Santé publique, en présence des organismes partenaires et autres ministères engagés dans cette lutte. 
Il s’agit notamment de l’élaboration d’un plan national multisectoriel de lutte contre le faux médicament et le trafic illicite des produits pharmaceutiques. Le gouvernement camerounais pense également faire une amélioration continue de la disponibilité et de l’accessibilité du médicament de qualité pour répondre à la demande des populations. Cela se fera à travers le renforcement du Système national d’approvisionnement en médicaments (Syname) par l’extension du réseau de distribution des médicaments et la promotion du médicament essentiel générique aux coûts plus accessibles, entre autres. Bien plus, le ministère de la Santé compte poursuivre avec la sensibilisation et l’information les populations sur les méfaits de la consommation des médicaments d’origine et de qualité non contrôlées et sur l’illusion « moins cher » entretenue autour du médicament de la rue. La réglementation et le cadrage de la distribution des produits pharmaceutiques par la définition claire du circuit de distribution du médicament et des exigences y relatives font également partie des mesures. 
Il est également prévu le développement d’un système d’assurance qualité pour garantir les médicaments du circuit licite de distribution, à travers l’obligation d’homologation des médicaments avant leur mise sur le marché ; leur contrôle de qualité par le Laboratoire national de Contrôle de médicaments et d’expertise, etc. 
Le ministre de la Santé publique a également relevé le volet répression déjà engagé par « des opérations de saisie et destruction des médicaments de la rue sous la coordination de la Délégation générale à la Sûreté nationale, des poursuites judiciaires à l’encontre des acteurs de ce trafic, la fermeture des établissements clandestins, etc ». Par ailleurs, le développement de l’industrie pharmaceutique locale par la remise à niveau des unités locales de production et l’homologation des médicaments traditionnels améliorés comme adjuvants au traitement Covid se mettent progressivement en place. Toute cette batterie de mesures pour mettre fin à ce fléau souvent encouragé par certains professionnels de la santé véreux. À tous ceux qui y contribuent, Manaouda Malachie annonce la « tolérance zero ». Il a ainsi appelé les uns et les autres à dénoncer tous les réseaux mafieux et les sites de fabrication de ces faux médicaments. Car selon lui, « celui qui vend le médicament dans la rue, fait de la criminalité. »
 

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