Un rêve camerounais, une fiesta africaine

Comme un rêve qui prend vie, voici la Coupe d’Afrique des Nations à Yaoundé, au Cameroun. Oui, 50 ans après la première, qui s’est terminée comme on sait, par une cruelle désillusion, il a fallu attendre le siècle suivant pour accueillir la compétition. Et voilà la CAN tant désirée et tant combattue, tant différée et tant chahutée, mais d’autant plus sublimée ! Drôle de destin tout de même que cette CAN qui avait élu la terre du Cameroun, pour la 33e édition, mais que tant de petites mains et de grandes manœuvres ici et ailleurs voulaient voir relocaliser … ou échouer. 
Dieu sait pourtant si le pays des Lions indomptables avait la légitimité et des arguments de poids pour y prétendre. Le Cameroun est en effet une terre de légende du ballon rond dont les enfants ont écrit quelques-unes des plus belles pages du football mondial : Mbappe Leppe, Roger Milla, Thomas Nkono, Samuel Eto’o Fils, etc. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, déclarait d’ailleurs, pour confirmer cette spécificité, à la sortie d’une audience avec Paul Biya : « Dans le monde du football, le Cameroun a une place tout à fait à part ». La raison en est simple. Cinq fois les joueurs camerounais ont en signe de triomphe soulevé le trophée de la CAN, une fois celui des Jeux olympiques. Ils sont également la première équipe africaine à jouer une Coupe du monde sans défaite, et la première du continent noir à atteindre les quarts de finale du plus grand tournoi mondial. En outre, le footballeur africain du siècle est un Camerounais, Roger Milla. Au pays du football-roi, il ne manquait à la vérité, que de belles arènes de standard international, pour accueillir les joutes et exploits des artistes du ballon rond. Eh bien, c’est chose faite : les stades et toutes les commodités liées sont là ! Beaux, fringants, et enfin à la dimension des légendaires Lions indomptables. Ce résultat n’est pas le fruit du hasard. C’est l’expression de la volonté politique, celle du chef de l’Etat, Paul Biya, d’offrir aux jeunes sportifs camerounais et africains, des infrastructures sportives de niveau mondial, à la hauteur de leur propre apport au rayonnement du continent, et à la mesure des ambitions que l’Afrique place désormais en eux.
En foulant le sol du pays des Lions indomptables, et en croisant les Camerounais au hasard de leurs pérégrinations, nos hôtes ne manqueront pas de relever le bonheur, la fierté, l’émotion qui les submergent à l’idée d’organiser le grand gala du football africain. Ils auront aussi – et c’est le vrai mérite de ce tournoi – toutes les chances de croiser le vrai Cameroun, et non pas l’hologramme désarticulé, ou la caricature outrageante qui en est faite dans certains médias étrangers et dans leurs relais locaux. Le vrai Cameroun, à n’en point douter, mérite le détour :  

C’est le pays de la paix et de la tolérance
Dans le triangle national déjà fort bariolé par la diversité climatique et paysagiste, on compte des peuples de diverses religions, cultures et langues, plus de 250, selon les statistiques officielles, et qui cohabitent autant que possible en bonne harmonie. Le Cameroun assume ainsi avec un certain panache son multiculturalisme et son bilinguisme comme étant ses marqueurs identitaires les plus prégnants. C’est l’un des rares pays au monde où la tolérance religieuse est poussée au point où des musulmans peuvent rentrer dans les lieux de culte chrétien, pour y assister à des cérémonies mortuaires ou festives, et où les chrétiens sont invités sans façon dans les mosquées, lors des grandes fêtes religieuses. Les mariages interclaniques et interreligieux n’y sont pas, loin de là, une exception.
La CAN est aussi l’occasion de réaffirmer l’attachement du Cameroun à la paix. Une vision politique fondatrice pour notre leader, qui s’incarne dans la vie publique et diplomatique. Ainsi, des conflits frontaliers et de voisinage célèbres que le pays a connus. Il est loisible de constater que le président de la République a toujours choisi de privilégier la force des arguments, plutôt que les arguments de la force. Avec le Nigeria, le Cameroun, déjà agressé militairement, a ravalé tout instinct guerrier et engagé une procédure devant la Cour internationale de Justice, avec le succès qui s’en est suivi. Quant aux provocations de voisinage qui ne sont pas rares, le pays de Paul Biya n’y cède jamais, et privilégie toujours le dialogue et la concertation, tout en défendant mordicus ses intérêts.

Le pays de la fraternité, attaché au panafricanisme
La tradition d’hospitalité des Camerounais est une lapalissade. Depuis plusieurs années, le pays accueille plusieurs centaines de milliers de réfugiés tchadiens, nigérians, centrafricains, ainsi que de nombreux résidents ouest-africains, qui prospèrent dans le commerce et l’industrie de l’habillement. Ils vivent tous en b...

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