Le président veut des jeunes matures…

La mondialisation des échanges et la montée en puissance des réseaux sociaux ne charrient pas que des externalités positives. Les jeunes qui constituent la couche sociale la plus réceptive aux idées nouvelles sont aussi les plus exposés aux avatars d’une globalisation qui tend à perdre le visage humain. La lancinante et pertinente question : « Quel Cameroun voulons-nous pour nos enfants ? » posée par le président de la République, il y a plus de deux décennies est plus que d’actualité. En s’adressant le 10 février dernier à ses jeunes compatriotes, à l’occasion de la fête qui leur est consacrée, Paul Biya, l’auteur de cette interrogation, y a répondu indirectement. Bien imprégné des challenges et autres menaces auxquels font face les jeunes, le chef de l’Etat leur demande de se réarmer moralement et de s’abreuver aux bonnes sources de nos valeurs sociétales et républicaines pour être des jeunes « matures » comme cela se dit dans les milieux jeunes aujourd’hui. En observateur averti, le président de la République note que ces principes et vertus cardinaux « ont malheureusement tendance à disparaitre dans les mœurs de la jeunesse ». Ce sont pourtant des valeurs dans lesquelles doivent être moulés les jeunes aussi bien en famille qu’au sein de la société.
La parole présidentielle s’inspire des faits récents d’une extrême gravité, impliquant les jeunes et qui ont alimenté la chronique des faits divers ces derniers temps. La diffusion dans les réseaux sociaux et dans l’espace Internet d’images obscènes mettant en scène des jeunes, la promotion des pratiques sexuelles déviantes, l’enrôlement de jeunes sur les plateformes numériques et sur les sites pornographiques, le tourisme sexuel, etc., sont en train de devenir une banalité dans notre société. Ces dérives et ces comportements déviants qui sont contraires à nos mœurs, nos réalités, nos convictions et à nos convenances sociétales sont parfois malicieusement diffusés dans l’optique d’enrôler de nouveaux adhérents avec comme cible principale les jeunes. Le gouvernement a, en son temps, dénoncé et condamné ces pratiques qui avilissent, et déshumanisent la jeunesse. Mais le chef de l’Etat invite cette tranche d’âge à la « préservation de nos us et coutumes » pour mieux se parer contre ces fléaux des temps modernes. Et face à ce délitement de la morale sociale qui traduit en réalité un réel recul de nos valeurs fondamentales, la famille doit occuper une place centrale dans la socialisation de l’enfant afin de lui inculquer les premières normes de la vie en société.
Le président de la République insiste également sur le respect des valeurs républicaines. Il pense notamment « au patriotisme, au civisme, au respect de la chose publique et à l’intérêt général, au culte de la probité ». Ce sont là des principes qui doivent façonner les jeunes pour en faire de bons citoyens de demain, mais qui hélas, sont aujourd’hui galvaudés et fragilisés non seulement par une mauvaise assimilation de la ...

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