« Le taux d’enregistrement aux actes d’état civil est satisfaisant »

Alexandre Marie Yomo, directeur général du Bureau national de l’état civil.

Quel bilan faites-vous à ce jour de la vaste opération de modernisation de l’état civil au Cameroun lancée depuis 2006 ?
Les activités menées respectivement par le ministère de la Décentralisation et du Développement local, le Bunec et les autres parties prenantes du système national de l’état civil, dans le cadre de la mise en œuvre du Pre2c, ont permis une amélioration significative de l’offre et de la demande du service de l’état civil. En sus de la formation de plus de 11 000 officiers et secrétaires d’état civil, des actions visant l’amélioration de l’enregistrement des faits d’état civil, la constitution d’un fichier central d’état civil et la sécurisation des documents d’état civil ont été menées. De manière non-exhaustive, je puis mentionner : la poursuite de la création des centres secondaires d’état civil dans les zones où les difficultés de communication et la densité de la population le justifient ; la sensibilisation des officiers et secrétaires d’état civil pour le respect de la réglementation et de la législation régissant l’état civil ; la sensibilisation permanente de la population sur l’importance de l’enregistrement des faits d’état civil; l’adoption le 15 juin 2017 du Plan stratégique 2018-2023 pour la réhabilitation de l’état civil du Cameroun ; la fourniture annuelle et en permanence des registres aux centres d’état civil sis à l’intérieur du pays et à l’étranger. L’identification des élèves scolarisés sans acte de naissance, l’encadrement de la délivrance de plus 10 000 jugements supplétifs aux personnes ne disposant pas d’actes d’état civil sur le territoire national, la collecte des données statistiques dans les centres d’état civil depuis 2018, la mise en fonctionnement des bureaux d’état civil au sein des formations sanitaires, dont : 47 dans la région de l’Extrême-Nord; 37 au Nord; 7 dans l’Adamaoua;  7 à l’Est; 2 au Centre.  La finalisation d’un projet de loi régissant l’état civil, prenant notamment en compte les considérations informatiques et celles de la protection des données à caractère personnel, le démarrage des activités de mise en œuvre du schéma directeur de l’informatisation du système d’état civil du Cameroun, par le biais des expériences pilotes d’indexation et de digitalisation sus-évoquées. L’on pourrait dès lors se satisfaire du taux d’enregistrement des naissances des enfants de moins de cinq ans qui est passé de 66, 1 % en 2014, d’après l’enquête à grappes à indicateurs multiples réalisée par l’Institut national de la statistique, à 70 % en 2020, selon l’opération de collecte des données statistiques de l’état civil réalisée en 2019 par le Bunec.

En quoi renvoient exactement les processus d’indexation et de digitalisation qui reviennent sans cesse ?
Je dois rappeler que le système national de l’état civil du Cameroun qui reste manuel, ne permet pas encore de donner à chaque Camerounais une identité civile incontestable, et à l’Etat de produire des statistiques fiables, instrument primordial de la planification et de pilotage des politiques publiques. Pour remédier à cette situation, il est envisagé une gestion informatisée de l’état civil, avec reprise d’antériorité des actes d’état civil orientée vers la numérisation et la saisie des données d’identification des actes d’état civil. C’est dans ce cadre qu’interviennent les processus « d’indexation » et de « digitalisation ». Le processus d’indexation, ou encore appelé « reprise de l’antériorité » consiste au scan des archives d’état civil, à savoir les registres et actes de naissances, mariages et décès, puis en la saisie des informations contenues dans chaque acte scanné. Toute chose devant permettre la constitution d’une base de données d’état civil au niveau de chaque centre principal d’état civil et, le cas échéant, d’une base centralisée des archives d’état civil au niveau du Bureau national de l’état civil. Le processus de digitalisation quant à lui désigne l’informatisation de l’activité de production des actes d’état civil. La mise en place de la digitalisation permet, via l’outil informatique, l’enregistrement des différents faits d’état civil, afin de produire des ...

Reactions

Commentaires

    List is empty.

Laissez un Commentaire

De la meme catégorie