En bon père de famille…

Le mouvement de grève entamé depuis plusieurs semaines par des syndicats d’enseignants qui estiment que leur corporation a déjà trop souffert devrait cesser immédiatement, après le début de la mise en œuvre urgente des mesures financières et administratives fortes prescrites au gouvernement par le président de la République, en réponse aux revendications exprimées par les enseignants en colère. A ce stade, le moins que l’on puisse relever, à la lumière de la densité des instructions présidentielles, c’est que Paul Biya vient de montrer à ceux qui en doutaient encore qu’il est véritablement à l’écoute de ses compatriotes à chaque fois qu’une préoccupation fondée est formulée. Cette attitude d’un chef de famille consciencieux et attentionné suffit à elle seule pour ramener la paix dans les esprits surchauffés et restaurer la confiance avec l’ordre gouvernant. Le chef de l’Etat vient de prouver qu’il a bien mesuré la profondeur des cris de détresse des seigneurs de la craie. Soucieux de la bonne formation de ses jeunes compatriotes, fer de lance de la Nation, Paul Biya vient de prescrire une thérapeutique à la dimension de la réaction prompte qu’impose la situation. Si bien qu’il faut aujourd’hui être de mauvaise foi pour ne pas applaudir des deux mains ce qui va être fait dans les tout prochains jours en faveur du corps enseignant.                                                                                                                                      

Au plan financier, le chef de l’Etat instruit le ministre des Finances (Minfi), à partir du mois de mars en cours, d’effectuer deux paiements : le complément salarial mensuel à verser aux enseignants (titulaires ou non de décret d’intégration), qui ne perçoivent actuellement que les 2/3 de leur salaire. Ensuite, le règlement de l’indemnité de non logement due aux enseignants qui n’en perçoivent pas. En outre, le Minfi doit apurer à compter du mois de mai 2022 et de manière progressive, en tenant compte de l’antériorité des promotions, les rappels relatifs à l’indemnité de non logement et au complément salarial dus aux enseignants. Le grand argentier national devra également procéder au paiement échelonné, à compter du mois de juin 2022, des rappels relatifs aux avancements et reclassements des enseignants.                                                                                          

Par ailleurs, comment ne pas souligner à grands traits que les revendications financières des enseignants sont la conséquence des disfonctionnements au niveau des différents départements ministériels impliqués dans la gestion de leur carrière. Sur ce point, Paul Biya qui a posé le bon diagnostic, veut résoudre le problème dès sa racine et définitivement. C’est pourquoi il a prescrit des actions à mettre en œuvre en amont pour éviter qu’à l’avenir, les mêmes causes ne produisent les mêmes effets. Ainsi, le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra) doit désormais systématiser la constitution des dossiers d’intégration des enseignants avant la fin de leur formation par les intéressés et les institutions auxquelles ils sont rattachés. Puis, veiller, en relation avec les universités d’Etat compétentes, au dépôt systématique dans les délégations régionales ou dans les services centraux du Minfopra, le cas échéant, des dossiers d’intégration des lauréats des Ens et des Enset. Autre priorité, traiter en urgence les dossiers d’intégration déjà recensés au Minfopra et faire le point exhaustif sur les dossiers d’intégration des enseignants en instance au Minesec et au Minedub qui sont les deux ministères utilisateurs des enseignants grévistes. Le Minfopra devra aussi procéder dorénavant, en relation avec le Minsesup, à l’organisation des concours d’entrée dans les Ens et les Enset, conformément à la réglementation en vigueur. Sans doute qu’une meilleure coordination entre ces deux administrations sera plus féconde et permettra de prévenir à temp...

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