Listes électorales : tous responsables

Les statistiques du Bureau central de recherche et des études de la population (BUCREP), au 1er juillet 2022, estiment la population camerounaise actuelle à 26 058 314 habitants. Parmi ceux-ci, l’on dénombre un peu plus de 12,1 millions de personnes âgées de 20 ans et plus. Donc en âge de voter, dès lors qu’elles jouissent de leurs droits civiques. Les chiffres communiqués le 29 juin 2022 par le Conseil électoral d’Elections Cameroon (ELECAM), réuni en sa deuxième session ordinaire pour le compte de l’année en cours font état de 7,197 millions d’inscrits sur l’ensemble du territoire camerounais. Soit théoriquement un « manque à inscrire » de plus de 4,930 millions de personnes. Si l’on s’en tient au fait que c’est en 2012 qu’Elections Cameroon a procédé à la refonte des listes électorales sur l’ensemble du territoire national et à l’étranger, c’est une moyenne de 719 778 personnes qui ont été inscrites chaque année. L’on peut donc légitimement rester sur sa faim devant l’évolution de la courbe des inscriptions enregistrées sur les listes électorales. 
Présidant la session ordinaire du Conseil électoral du 29 juin 2022, le président du Conseil électoral, Enow Abrams Egbe avait révélé une certaine apathie des Camerounais à aller s’inscrire sur les listes électorales. Ce qui ne peut que soulever une question : pourquoi ? Sans doute parce qu’ils ne sont pas assez convaincus par les différents arguments qui sont avancés par les uns et les autres, pour les amener à s’inscrire sur les listes électorales, en vue de prendre part à la vie politique de leur pays. Et par conséquent, procéder au choix de leurs dirigeants, à tous les niveaux. A qui la faute ? A tous ceux impliqués dans le processus conduisant à l’enrôlement des électeurs sur les listes.
Depuis la refonte des listes électorales en 2012, de nombreuses stratégies ont été pensées et élaborées par Elections Cameroon. Elles ont abordé divers aspects et sont parfois orientées vers des cibles précises, à des circonstances particulières, à l’instar des jeunes lors des fêtes qui leur sont consacrées. En l’occurrence le 11 février, jour de la célébration de la fête nationale de la Jeunesse. Ceux-ci, convient-il de le rappeler, représentent la tranche la plus importante de la population camerounaise. Ces dispositions particulières concernent également les femmes qui deviennent des cibles particulières lors de la commémoration de la Journée internationale de la Femme, le 8 mars. Si elles représentent bien 50,6% de la population totale, selon les statistiques évoquées plus haut, elles ne sont que 3,353 millions inscrites sur les fichiers d’Elections Cameroon contre 3,844 millions d’hommes. D’autres moyens ont été mis en œuvre, à l’instar des équipes mobiles d’inscription sur les listes électorales. Celles-ci sillonnent les axes à forte concentration de personnes, les lieux de culte, de réjouissances, les regroupements des partis politiques. On peut également se réjouir de ce que les droits des personnes vulnérables et des personnes vivant avec un handicap n’ont cessé d’être pris en compte dans le processus électoral. Ces dernières bénéficiant désormais de facilités, non seulement dans le cadre des inscriptions sur les listes électorales, mais aussi pour leur participation au vote proprement dit. Même les réseaux sociaux ont été mis à contribution dans cette campagne. 
Mais au final, et comme le constate malheureusement le Conseil électoral, l’on note cette une apathie qui fait stagner le fichier électoral. Ces techniques sont-elles toujours porteuses, dès lors que l’on demande parfois à des personnes inscrites à un poste mobile d’aller récupérer sa carte d’électeur au siège de l’agence Elecam ayant procédé à son inscription ? Certainement pas. Très peu de personnes acceptent en effet d’effectuer ce déplacement. De nombreux aspects des campagnes et opérations menées actuellement sont à revoir, afin de donner un nouvel élan au processus d’inscription sur les listes électorales. A l’exemple de la prise en compte de certaines couches de la population
Que dire de l’action des partis politiques dans ce processus. Ils sont presque inexistants. Ceux-ci, au regard de la loi portant Code élect...

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