Arrêter la saignée

Les données publiées parlent d’elles-mêmes. Qu’importe la source des estimations (ONG, Processus de Kimberley…), une tendance se dégage : très peu d’or ou de diamants produits au Cameroun sont exportés par les circuits conventionnels. Même si leur production est encore artisanale ou semi-mécanisée, les volumes qui s’évaporent ainsi sont tout de même considérables. Conséquence, les pertes pour l’Etat camerounais sont énormes, en matière de retombées fiscales, voire dans la perspective de la constitution et de l’augmentation du stock d’or de l’Etat. Il y va également de la réputation et de la crédibilité du Cameroun à l’international, le manque de contrôle de ces filières de commercialisation pouvant être le terreau de maux comme le financement du terrorisme et le blanchiment des capitaux. Il est temps d’arrêter la saignée. Cela passe d’une part, par un renforcement du contrôle de la chaîne de valeur desdites substances et une meilleure synergie d’action entre les acteurs chargés de la lutte contre leurs trafics illicites. Même si beaucoup reste à faire, les saisies opérées çà et là par les services de la douane notamment, montrent que la lutte porte des fruits. En outre, la séance plénière du Processus de Kimberley tenue à Moscou en novembre 2021 a salué les mises à jour présentées par le Cameroun, sur ses efforts continus pour améliorer la mise en œuvre du SCPK.
D’autre part, l’Etat gagnerait également à trouver des moyens pour inciter plus naturellement les exportateurs à s’orienter vers les filières formelles. Les opérateurs du secteur, comme nombre d’agents économiques cherchent à maximiser leurs gains. Parfois à tous les prix, hélas ! Certes, de temps en temps, certaines transactions à l’export, exécutées selon la réglementation en vigueur, s’insèrent parmi l’essaim que constit...

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