Besoin de…sauvetage


Leur existence n’est pas inconnue du législateur. Leur activité non plus. La vente à la sauvette au Cameroun est donc reconnue d’une certaine façon par l’Etat depuis 1993 à travers le décret du Premier ministre fixant les modalités d’application de la loi du 10 août 1990 régissant l’activité commerciale au Cameroun. Ces personnes qui au quotidien gagnent leur vie en parcourant rues et artères des villes ont donc des droits. Le problème est qu’ils oublient souvent leurs devoirs. Devoir de respect de l’ordre public ; devoir de paiement des taxes et autres obligations imposées. Et ils en ont conscience. C’est pourquoi on n’est plus surpris de voir certains prendre la clé des champs à la vue d’un agent des forces de l’ordre ou de la mairie. A Yaoundé, ils ont même leur code pour donner l’alerte en cas de « danger ». C’est le signe d’une relation plus ou moins conflictuelle avec l’autorité. Une relation qu’il importe de mieux encadrer pour permettre à chaque partie de tirer son épingle du jeu, pour le bien du pays. 
Il serait déjà bien de maîtriser la population qui opère dans ce pan très actif du secteur informel. Si on pouvait clairement dire en 1993, que la vente à la sauvette occupait près de 200.000 personnes dans au moins cinq villes du pays, il est difficile de donner une estimation exacte à ce jour, tellement l’activité a recruté de nouveaux acteurs et continue d’en recruter. On en saura certainement davantage avec la publication des résultats de l’enquête sur le secteur informel au Cameroun (Eesi 3) menée par l’Institut national de la Statistique en 2021. Mais déjà, on se satisfait de ce que l’informel dans sa globalité intéresse les pouvoirs publics, tellement il est présent et bouillonnant dans notre environnement.  En effet, l’INS pense que le secteur informel est celui où l’on retrouve le plus d’opportunités de travail pour les plus pauvre...

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