S.O.S, mobilité urbaine durable

La route grande ouverte, l’horizon dégagé. Partir de son domicile pour l’école, son lieu de travail, le marché ou pour une des autres extrémités de la ville, à toute heure du jour et de la nuit, sans tomber sur un bouchon ! Et ce, que les distances soient courtes ou longues. Des temps de trajet réduits… C’est devenu le rêve de nombreux usagers de la route, dans les grandes villes du Cameroun. Aux heures de pointe et même en dehors, les embouteillages sont le cauchemar de plusieurs automobilistes, motocyclistes, cyclistes et piétons. L’on ne quitte plus le bureau, même à la fin de la journée par hasard. Il faut bien choisir son créneau horaire, penser son itinéraire, jauger les possibilités de bouchons avant de s’engager dans la circulation routière. En l’absence d’applications mobiles proposant des informations sur le trafic routier en temps réel, chacun y va de son expérience personnelle. Une navigation à vue qui ne donne pas toujours les résultats escomptés. Du coup, pour se donner une marge de manœuvre et éviter tout stress, d’aucuns quittent leurs domiciles aux aurores pour les rejoindre bien longtemps après la fermeture des bureaux, lorsque la circulation se sera fluidifiée. Des afterworks, espèces de sessions permettant de faire passer le temps en attendant, ont vu le jour un peu partout.
Pour ceux qui n’ont ni la volonté, ni les moyens de se permettre ces longues attentes, c’est la croix et la bannière de se mouvoir. Vomis par les bureaux et les écoles au terme de la journée, c’est une course contre la montre qu’ils mènent au quotidien face à de nombreux concurrents. Question d’attraper le plus rapidement possible une petite voiture jaune ou une mototaxi. Pour se donner plus de chance de quitter aisément les carrefours et les grandes places qui s’engorgent au fur et à mesure que les populations sur le retour dans les quartiers affluent, d’aucuns sectionnent leurs parcours en étapes. Dans ce méli-mélo et cette ingéniosité dans les stratégies, posséder un véhicule personnel ne constitue pas forcément un atout. Ils sont nombreux, les automobilistes qui témoignent que les quatre roues se font facilement piéger dans une circulation encombrée. Par temps de pluie surtout. Ainsi se multiplient les scènes de bouchons interminables qui durent des heures sur les axes Poste centrale-Mvog Mbi, rond-point Nlongkak-Etoudi, Messa Assi-Nkozoa, Omnisports-Ngousso-Fougerolles, Nouvelle route Etoa Meki-Manguiers, Nlongkak-carrefour Bastos-école publique Bastos, Golfe-carrefour Régie, etc. Quel que soit le côté de la ville que l’on prend, la situation est identique. Du coup, le risque de passer, un de ces quatre, la nuit à la belle étoile, coincé dans un embouteillage, se fait de plus en plus grand.
En cause, une population urbaine en croissance et, mal servie par le système des transports, un déclin des normes du transport public, une dépendance croissante vis-à-vis du transport privé (voitures et motocyclettes personnelles). Sans oublier la dégradation des infrastructures de transport. La plupart des routes ont été construites lorsque les villes n’avaient qu’un seul centre, et avant la rapide croissance du transport motorisé. Le réseau routier primaire part en étoile du centre-ville vers les zones environnantes et manque de liaisons orbitales ou circulaires. Ainsi, il n’y a quasiment pas de passerelles entre les axes principaux, pourtant le relief d’une ville comme Yaoundé s’y prête. Les routes sont étroites, ne disposant que d’une voie dans l’un et l’autre sens de la circulation. Et lorsqu’elles sont plus larges, certaines parties se trouvent souvent occupées par les véhicules en stationnement, les commerçants informels. Les carrefours quant à eux sont peu espacés et mal conçus pour changer de direction. En plus de ces défauts généraux, il faut composer avec l’incivisme des usagers de la route. Entre les automobilistes qui grillent les feux tricolores, s’accordent la priorité dans toutes les positions, refusent de suivre l’organisation mise en place pour fluidifier les bouchons multipliant les rangs qui bloquent finalement tout ; et les piétons qui traversent à tout bout de champ, stoppent le taxi ou l’attendent dans des endroits les plus improbables, on perd le Nord. Le spectacle de ces piétons, qui conquièrent les carrefours et la chaussée en d&ea...

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