Communications téléphoniques : réseaux brouillés, usagers largués

Les perturbations des communications électroniques en général et des communications téléphoniques en particulier reviennent de manière épisodique. Depuis des semaines, les usagers des services des télécommunications éprouvent des difficultés à passer des appels. En dehors de nombreux appels manqués, plusieurs correspondants voient leurs communications interrompues ou tout simplement inaudibles. Ces multiples désagréments qui s’accompagnent du siphonage des crédits de communication sont aussi vécus dans les communications digitales.  Du temps à autre, la connexion internet fait yoyo. Ces déboires des abonnés sont vécus sur l’ensemble du territoire national. Plus grave, des plaintes fusent alors qu’un silence radio est servi aux usagers en lieu et place d’une communication pour les édifier sur les raisons de ces perturbations.
La pose de 20 000 km de fibre optique, il y a plus de dix ans, avait pourtant généré une embellie dans ce secteur avec la démocratisation de l’accès aux services et l’explosion des offres diverses des opérateurs (voix, SMS, internet, mobile money,). Ce qui a provoqué un véritable engouement auprès du consommateur camerounais. Aujourd’hui, le téléphone mobile a tellement pénétré l’intimité du citoyen qu’il n’imagine pas se passer de cet outil pourtant tout à fait récent. Selon l’Observatoire national des télécommunications de l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART), le Cameroun compte plus de huit millions d’utilisateurs internet pour un taux de pénétration du mobile de 90%. Quant au taux de pénétration du smartphone, il est passé de 25% en 2016 à près de 40% en 2020. Toute chose ayant entraîné la montée en puissance d’un consommateur ouvert au monde, exigeant en matière de qualité de service en termes de disponibilité, d’accessibilité, de continuité et d’intégrité. Mais force est de constater que la qualité de service des télécommunications reste à améliorer pour combler les attentes des usagers.
De manière globale, les plaintes récurrentes des abonnés sont liées aux difficultés à émettre des appels téléphoniques, à la médiocrité? technique de l’offre internet, aux porte monnaies électroniques sinistrés, au siphonage de crédits de communication, à la portabilité? des numéros mobiles et aux publicités mensongères.  Au ministère des Postes et Télécommunications (Minpostel), un doigt accusateur est pointé sur les principaux acteurs qui interviennent dans ce secteur. Au premier rang des accusés, les opérateurs de téléphonie mobile. Ces derniers sont réputés peu soucieux du respect des cahiers de charges contenus dans les conventions de concession signés avec le gouvernement. Cette situation induit plusieurs conséquences dont les moindres ne sont pas la mauvaise disponibilité du réseau, les coupures précoces d’appels et la dégradation de la qualité d’écoute. Invitée à parler de cette problématique il y a un an devant la représentation nationale, la ministre en charge du secteur est même allée jusqu’à questionner la fiabilité des bases de données des opérateurs.  « Le constat est que dans les bases de données de tous les opérateurs, environ 10% des données ne sont pas fiables », avait estimé la Minpostel. Il convient de relever que dans le cadre de la révision des conventions de concession, de nouvelles exigences de qualité de service avaient été insérées dans les cahiers de charges des opérateurs. Il s’agit notamment des obligations de qualité de service 4G, ainsi que des obligations de couverture et de déploiement des réseaux 4G. Ces exigences nécessitant de gros investissements, les opérateurs hésitent à s’exécuter au grand dam des consommateurs des services des télécommunications.
Vient ensuite la fibre optique dont la mauvaise gestion impacte négativement les communications électroniques.  Ici, les torts sont partagés entre les administrations publiques, les entreprises adjudicataires des travaux publics et les auteurs des actes de vandalisme.  Ainsi, le réseau des communications électroniques est régulièrement impacté par la destruction des câbles à fibre optique, lors de l’exécution des projets de construction et d’aménagement des routes, et par des actes de vandalisme et de sabotage des infrastructures qui la composent. Les chiffres compilés par le ministère en charge des télécommunications sont assez préoccupants sur l’insécurité autour de cette infrastructure essentielle. 80% de défauts enregistrés sur le réseau à fibre optique pour la période allant de 2017 à 2019, 40% sont attribués aux travaux publics et 38% à des actes de vandalisme. Chargée de la gestion de la fibre optique, LA Cameroon Telecommunications  se trouve visiblement désemparée pour assurer sa sécurité. Le non-respect des installations de la fibre optique lor...

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