Les sénatoriales, comme une veillée d’armes

On peut dire que l’élection des sénateurs prévue le 12 mars prochain lance plutôt bien l’année politique au Cameroun. Après le retour de la tradition des vœux au président de la République, autre temps fort de ce début d’année, le chef de l’Etat a convoqué le collège électoral en vue du renouvellement de la chambre haute du parlement. Cet événement qui était attendu dans le calendrier électoral augure déjà un grand moment de démocratie. Les premières opérations ont en effet donné le ton d’une élection animée et courue, alors que la configuration de la carte communale et régionale laissait penser à un simple exercice de routine, notamment pour le parti au pouvoir.
La période impartie à l’élaboration des déclarations de candidatures a montré, de part et d’autre, des acteurs bien décidés à jouer le jeu. Même si les choses sont apparemment verrouillées, même si le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), majoritaire au sein des conseils régionaux et municipaux, paraît taillé pour remporter ces sénatoriales les doigts dans le nez, les dernières semaines ont indiqué que rien n’était aussi évident. D’abord au sein même du parti du flambeau ardent, où un engouement inédit, a débouché sur le dépôt de plusieurs listes concurrentes en vue de l’investiture par les instances compétentes du parti. Les premières batailles démocratiques ont donc commencé à l’intérieur du RDPC. Ainsi, rien que dans la région du Centre, pas moins de sept listes ont été constituées et soumises à la sanction de l’investiture ; cinq dans la région de l’Ouest, trois dans le Nord, le Littoral, l’Adamaoua…
Le même enthousiasme s’observe dans les autres partis politiques, déjà représentés ou non dans les deux chambres du parlement, dans les conseils régionaux et dans les conseils municipaux. Une douzaine de formations se sont finalement alignées dans la course au Sénat. Bien sûr, il reste le tamis d’Elections Cameroon (Elecam) et éventuellement du Conseil constitutionnel au bout de cette première étape. L’examen des dossiers de candidature mobilise en ce moment les équipes d’Elecam. Mais on peut déjà se satisfaire de voir une telle participation dans une élection dont le résultat est généralement lié aux forces en présence au sein du collège électoral déjà fortement marqué. Rendez-vous demain, mardi 7 février pour se faire une idée du nombre de partis politiques finalement autorisés à prendre le départ. Mais avant, il est appréciable de voir avec quelle ferveur des partis qui ne disposent théoriquement d’aucune chance se jettent dans la bataille. C’est le cas d’une jeune formation comme le Front des démocrates camerounais (FDC) dont on comprend bien qu’elle vient davantage pour apprendre, comme dans une sorte de rodage. 
Et en attendant, l’on ne peut échapper à la tentation de projeter cet engouement remarquable sur les échéances plus lointaines qui pointent déjà à l’horizon. Si les choses se présentent ainsi pour l’élection des sénateurs, qui n’est pas le scrutin le plus disputé en raison du mode d’élection indirect, on peut se dire que pour les échéances plus ouvertes qui arrivent, l’animation promet d’être encore plus grande, beaucoup plus grande. C’est pourquoi les sénatoriales du 12 mars prochain peuvent apparaître comme un galop d’essai. Non seulement pour les jeunes formations politiques, mais aussi et surtout pour les ténors de la scène politique camerounaise. Aucun d’eux ne manque dans les listes déposées il y a une semaine à Elections Cameroon. C’est dire si tout le monde semble préparé pour le calendrier électoral qui est ainsi lancé et qui se poursuivra par des élections majeures dans quelque temps. Après les sénatoriales, les législatives, les municipales et la présidentielle arrivent. La mobilisation a commencé comme on peut le voir dans la vie des partis politiques. Elle est houleuse ici, plutôt calme là-bas, mais toujours est-il que les échéances qui relèvent d’un futur proche sont déjà dans tous les esprits. D’où cette vague de renouvellements des organes de base que différents partis de la place ont engagé.  D’où ces manœuvres de positionnement… 
De toute façon, l’engouement observé dans les partis ...

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